Avec humour et émotion, une pièce de théâtre engagée fait revivre la lutte ouvrière des 480 salariés de Lip à Bagnols-sur-Cèze. Un membre de la famille de la metteuse en scène a vécu cette histoire dans les années 1970.
Un spectacle documentaire sur la grève de Lip
La compagnie marseillaise Le Bain collectif présente le spectacle On fabrique, on vend, on se paie au centre culturel La Pyramide de Bagnols-sur-Cèze. Six comédiens retracent la grève des 480 salariés de l’horloger Lip à Besançon en 1973. Cette pièce documentaire interroge l’héritage social et la place des femmes dans cette lutte ouvrière historique.
Le théâtre engagé fait escale à Bagnols-sur-Cèze. La compagnie marseillaise Le Bain collectif investit La Pyramide mardi 19 mai avec On fabrique, on vend, on se paie, une pièce qui replonge dans l’une des plus célèbres luttes ouvrières françaises : l’affaire Lip.
Direction Besançon, en 1973
L’emblématique horloger Lip vient d’être racheté et 480 salariés sont licenciés – « dégagés », insiste la compagnie. Très vite, la colère gronde. Les ouvriers se lancent alors dans une grève importante. Pour les membres du Bain collectif, l’histoire dépasse largement le simple récit historique.
« Cette lutte est d’une richesse incroyable, pleine de situations, de chapitres et de rebondissements », explique la metteuse en scène Anouk Darne-Tanguille. Le projet a d’ailleurs pris une dimension intime lorsque l’un des artistes a découvert que son grand-père avait été délégué du gouvernement sur l’affaire Lip. « Quand ma grand-mère m’a raconté cette période, le lien entre hier et aujourd’hui m’est apparu très fort », poursuit-elle.
Une boucle temporelle
La troupe revendique un important travail documentaire. « Nous voulions déconstruire le mythe de la victoire ou de la défaite. C’est une lutte traversée par des zones d’ombre et des ambivalences », ajoute la metteuse en scène. Sur scène, six comédiens font revivre cette aventure collective avec humour, énergie et sincérité. Chaque personnage s’émancipe légèrement des archives pour laisser entrer un peu de fiction dans le réel.
La pièce remet aussi en lumière la place des femmes dans ce mouvement social, souvent reléguée à l’arrière-plan des récits officiels. Le spectacle s’ouvre d’ailleurs sur la fin de la lutte, loin d’une image glorieuse ou romantique, avant de remonter le fil des événements comme une boucle temporelle.
Le spectacle est prévu mardi 19 mai à 20 h 30. Billetterie sur Lapyramidebagnols.fr.



