La metteuse en scène et performeuse Rebecca Chaillon présente La Parabole du seum, une pièce qui explore les mécanismes du racisme, du sexisme et des discriminations à travers un mélange d'humour acide et de gravité. Créée au Théâtre de la Ville à Paris, la pièce a été saluée par la critique pour sa puissance évocatrice et sa capacité à transformer la colère en art.
Une performance brute et cathartique
Dans cette œuvre, Rebecca Chaillon, également connue pour son travail avec la compagnie Le Grand Cerf, utilise son corps comme principal vecteur d'expression. Elle malaxe littéralement de la pâte à modeler, métaphore de la manipulation des identités et des stéréotypes. La pièce, qui dure environ une heure et demie, alterne entre monologues percutants et scènes collectives avec quatre autres comédiens. Selon la critique du Monde, « Chaillon parvient à faire rire et pleurer, tout en dénonçant les violences systémiques avec une intelligence rare ».
Un propos politique ancré dans le quotidien
La pièce s'inspire d'expériences personnelles de l'artiste, notamment les micro-agressions subies au quotidien. Elle aborde des thèmes comme la grossophobie, le racisme anti-Noirs et les injonctions faites aux femmes. « Je voulais que le public ressente le 'seum' – cette rage froide – mais aussi qu'il comprenne d'où il vient », explique Rebecca Chaillon dans une interview. La scénographie, minimaliste, met l'accent sur les corps et les voix, créant une proximité dérangeante avec le public.
Un accueil critique unanime
La pièce a reçu un accueil enthousiaste, avec des critiques saluant son audace et sa pertinence. Libération parle d'« un électrochoc nécessaire », tandis que Les Inrockuptibles souligne « la virtuosité de Chaillon à mêler humour et politique ». La représentation au Théâtre de la Ville a affiché complet plusieurs soirs, témoignant de l'engouement du public pour ce théâtre engagé.
Un parcours artistique engagé
Rebecca Chaillon, née en 1980, est une figure montante du théâtre contemporain français. Elle a fondé la compagnie Le Grand Cerf en 2010 et a déjà présenté plusieurs pièces remarquées, comme Le Grand Cercle et Noire. Son travail, souvent qualifié de « performance politique », explore les questions de race, de genre et de classe. Avec La Parabole du seum, elle confirme sa place dans le paysage théâtral français.



