Muette de Boris Charmatz à Avignon : une mise à nu où tout est tu
Muette de Boris Charmatz : une mise à nu où tout est tu

Le Festival d'Avignon a accueilli la nouvelle création de Boris Charmatz, intitulée Muette, présentée à la Cour d'honneur du Palais des papes. Dans cette pièce, les danseurs évoluent entièrement nus, sans musique ni parole, pendant près d'une heure. Le chorégraphe explique avoir voulu « mettre à nu le corps dansant, le dépouiller de tout artifice pour en révéler l'essence ».

Un spectacle qui interroge le silence et la nudité

La pièce met en scène une vingtaine de danseurs professionnels et amateurs, tous âgés de 20 à 70 ans. Le silence est total, seul le bruit des pas et des respirations se fait entendre. Charmatz précise : « La nudité n'est pas un but en soi, mais un moyen de questionner notre rapport au corps, à la pudeur et à la présence. » Le public, invité à observer sans être distrait par la musique, se concentre sur les mouvements et les interactions entre les corps.

Une réception partagée

Les premières réactions du public sont mitigées. Certains spectateurs saluent l'audace et la pureté de la proposition, tandis que d'autres expriment un malaise face à la nudité prolongée. Un critique présent a noté que « la nudité devient rapidement un non-événement, laissant place à une danse d'une grande intensité ». Selon les organisateurs, le spectacle a suscité des débats animés dans les couloirs du festival.

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Un contexte de liberté artistique

Boris Charmatz, directeur du Musée de la danse à Rennes, est connu pour ses œuvres provocatrices. Muette s'inscrit dans une série de créations qui explorent les limites du corps et de la scène. Le chorégraphe affirme : « Je voulais créer un espace où le silence et la nudité permettent une rencontre plus authentique entre le public et les interprètes. » La pièce a été développée en collaboration avec des danseurs de différentes générations, renforçant la dimension intergénérationnelle.

Un défi pour le public et les danseurs

Pour les danseurs, la performance est exigeante. L'un d'eux confie : « Danser nu demande une grande vulnérabilité, mais aussi une force intérieure. On se sent plus libre, mais aussi plus exposé. » Le chorégraphe ajoute que la nudité n'est pas un simple effet de style : « Elle fait partie intégrante de la dramaturgie, elle porte le sens de la pièce. »

Le Festival d'Avignon, qui se tient jusqu'au 25 juillet, accueille chaque année des spectacles qui bousculent les conventions. Muette sera présenté jusqu'au 20 juillet. Les représentations affichent complet, témoignant de l'intérêt suscité par cette proposition radicale.

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