Les Affamés au Off d'Avignon : Marion Motin laisse un goût amer
Les Affamés au Off d'Avignon : Marion Motin déçoit

Le Off d'Avignon, vitrine de la création contemporaine, a accueilli cette année « Les Affamés », une pièce mise en scène par Marion Motin. Malheureusement, cette œuvre laisse un goût amer, tant les promesses initiales semblent s'être évanouies en cours de route.

Une mise en scène ambitieuse mais bancale

Marion Motin, chorégraphe reconnue pour son travail avec des artistes comme Stromae ou Christine and the Queens, tente ici une incursion dans le théâtre pur. « Les Affamés » se veut une réflexion sur la faim, la précarité et l'obsession de la consommation dans notre société. Le propos est louable, mais l'exécution pèche par son manque de cohérence. La mise en scène, bien que visuellement frappante, souffre de ruptures de rythme et d'une direction d'acteurs inégale.

Des comédiens en demi-teinte

La distribution, composée de jeunes acteurs prometteurs, peine à incarner les personnages avec la justesse requise. Certains moments de grâce, comme les scènes de danse collective, rappellent le talent de Motin pour le mouvement. Mais ces instants sont trop rares pour sauver l'ensemble. Les dialogues, parfois redondants, alourdissent le propos et empêchent l'émotion de vraiment naître.

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Un propos qui se dilue

Le thème de la faim, qu'elle soit physique ou métaphorique, est exploré à travers plusieurs tableaux. Cependant, le message se perd dans une succession de saynètes qui manquent de liant. On sent une volonté de dénoncer les dérives du capitalisme et l'aliénation par la consommation, mais la forme théâtrale n'est pas pleinement maîtrisée. Le spectateur reste sur sa faim, au sens propre comme au figuré.

Une expérience mitigée

En définitive, « Les Affamés » est une tentative intéressante mais inaboutie. Marion Motin semble avoir voulu trop en dire, sans parvenir à structurer son propos de manière efficace. Le Off d'Avignon est un lieu d'expérimentation, et l'audace est à saluer. Mais pour que l'essai soit transformé, il faudrait une dramaturgie plus solide et une direction d'acteurs plus affirmée. Un rendez-vous manqué qui laisse un goût amer, mais qui ne remet pas en cause le talent indéniable de sa créatrice pour la chorégraphie.

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