La pièce « Disons un soir à dîner » de Giuseppe Patroni Griffi, créée en 1967, fait son retour à Paris, au Théâtre de l'Atelier, dans une mise en scène de Juliette Deschamps. Ce texte, qui avait fait scandale à sa sortie, dresse un portrait acerbe de la bourgeoisie italienne et de ses hypocrisies, tout en explorant les thèmes de la libération sexuelle et des conventions sociales.
Une satire toujours actuelle
L'histoire se déroule lors d'un dîner mondain où se retrouvent un couple bourgeois, Michele et Elena, ainsi que leurs amis. La soirée bascule lorsque les invités se livrent à des jeux de séduction et de vérité, révélant les désirs refoulés et les mensonges qui régissent leurs vies. La pièce, écrite dans un style incisif et souvent provocateur, n'a rien perdu de sa force subversive. Selon la critique du journal « Le Monde », la mise en scène de Juliette Deschamps « restitue avec justesse l'atmosphère étouffante de cette bourgeoisie italienne des années 1960, tout en lui donnant une résonance contemporaine ».
Un casting de choix
La distribution réunit des comédiens de renom, dont Isabelle Adjani dans le rôle d'Elena, et Pierre Arditi dans celui de Michele. Leur interprétation, saluée par la critique, apporte une profondeur supplémentaire aux personnages. Adjani, notamment, « incarne avec une élégance vénéneuse les frustrations et les désirs de son personnage », selon une critique de « Télérama ». La pièce joue à guichets fermés depuis sa première représentation le 15 juin 2026, et les places sont très prisées.
Un contexte historique et social
« Disons un soir à dîner » a été écrite à une époque où l'Italie connaissait de profonds bouleversements sociaux, avec l'émergence du féminisme et la remise en question des valeurs traditionnelles. Patroni Griffi, dramaturge et metteur en scène, était connu pour son regard acéré sur la société italienne. Cette pièce, en particulier, a marqué les esprits par sa représentation audacieuse de la sexualité et des relations de pouvoir au sein du couple. Aujourd'hui encore, elle interroge sur la persistance des tabous et des contraintes sociales.
Un succès critique et public
La reprise de cette pièce a été unanimement saluée par la critique. Le journal « Les Échos » y voit « une comédie de mœurs brillante et cruelle, qui n'a pas pris une ride ». Le public, quant à lui, semble conquis : les représentations affichent complet jusqu'à la fin de l'été. La pièce est programmée jusqu'au 30 septembre 2026, avec des séances supplémentaires ajoutées en raison de la forte demande.
Un théâtre engagé
Cette mise en scène s'inscrit dans une volonté de redonner vie à des œuvres du répertoire qui continuent de faire écho aux questions contemporaines. Juliette Deschamps, la metteuse en scène, a déclaré : « Ce texte est d'une modernité déconcertante. Il parle de liberté, de désir, de la difficulté d'être soi dans une société qui nous formate. » Cette approche a séduit un public varié, des amateurs de théâtre classique aux jeunes spectateurs en quête de réflexion sur les normes sociales.



