Une controverse entoure l'événement organisé le 17 juin au Palais de la musique et des congrès (PMC) de Strasbourg par l'Alliance de gauche européenne, groupe auquel appartient La France insoumise au Parlement européen. Cette manifestation, prévue pendant la session mensuelle de l'assemblée, doit marquer la fin d'une campagne réclamant la suspension de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël. Selon l'eurodéputée Manon Aubry, cette initiative a recueilli un million de signatures. La présence annoncée du rappeur Médine sur l'affiche de l'événement a toutefois déclenché des critiques.
La direction du PMC surprise par la nature de l'événement
Le directeur général de Strasbourg Events, Christophe Caillaud-Joos, explique avoir été surpris par la nature de la manifestation. « Nous accueillons les partis politiques sans discrimination, la parole est libre, le lieu est neutre », affirme-t-il. Tout en précisant qu'il n'est pas question de censurer l'artiste, il indique : « Je m'attendais à une conférence sur le droit international. J'ai dit aux organisateurs : vous pouvez faire la conférence, mais pas le concert. » Selon lui, l'événement s'inscrit dans « un autre aspect, plus virulent » et se situe « dans une polémique ».
« Une volonté de censure politique », selon LFI
Manon Aubry conteste cette version et assure avoir demandé dès avril une « réunion publique avec possibilité de concert gratuit à la fin ». « On a informé la salle que ce serait Médine », ajoute-t-elle. L'élue dénonce une « pression » de la mairie de Strasbourg, dirigée depuis mars par Catherine Trautmann, et évoque « une volonté de censure politique ». Elle affirme néanmoins vouloir trouver « une issue par le haut » afin d'éviter « une bataille judiciaire ».
Déjà au centre de polémiques en 2023 après un tweet qualifié d'antisémite qu'il avait ensuite regretté, ainsi que pour des prises de position jugées homophobes ou islamistes, Médine reste une figure contestée. Manon Aubry rappelle toutefois que « Médine n'a jamais fait l'objet de la moindre condamnation ». Le président de la région Grand Est, Franck Leroy, a accusé La France insoumise d'entretenir « une ambiguïté calculée sur l'antisémitisme », tandis que le groupe des Patriotes pour l'Europe a indiqué avoir signalé la manifestation à la présidente du Parlement européen.



