Benoît Lambert au théâtre de Nîmes : une plongée dans Molière avec Les Femmes savantes
Le théâtre Bernadette-Lafont à Nîmes accueille deux représentations des Femmes savantes de Molière, les mardi 17 et mercredi 18 février 2026. Benoît Lambert, metteur en scène, revient sur sa passion pour l'œuvre du dramaturge et son approche de cette pièce complexe.
Une fascination durable pour Molière
Benoît Lambert monte Molière pour la cinquième fois, après avoir présenté L'Avare à Nîmes en 2024. Il explique : « Plus je le fréquente et plus le mystère s’épaissit. C’est assez excitant. » Il souligne l'influence de Molière sur la comédie française, de Marivaux aux humoristes contemporains, et ajoute : « Il n’y a pas un stand-uper qui ne lui doit pas quelque chose, même inconsciemment. » Pour lui, Molière est à la fois un acteur qui écrivait pour sa troupe et un philosophe dans la lignée de Montaigne.
Les Femmes savantes : une pièce chorale et actuelle
Le choix des Femmes savantes s'explique par sa beauté et sa complexité. Benoît Lambert note : « Ce sont des alexandrins magnifiques, une pièce très sophistiquée. » Contrairement à d'autres œuvres de Molière centrées sur un personnage principal, cette pièce est chorale, avec de nombreux rôles développés. Elle aborde des questions épineuses sur les genres et la place des femmes dans la société. Lambert commente : « Ces femmes savantes sont sublimes et dérisoires comme tous les personnages de Molière. Elles revendiquent de pouvoir faire société. »
Une approche patrimoniale sans actualisation forcée
Benoît Lambert rejette l'idée d'actualiser Molière pour le rendre contemporain. Il affirme : « Quand j’ai monté mes premiers Molière, j’avais le goût des petits signes de modernité. Je m’en suis débarrassé. » Il préfère laisser aux spectateurs le soin de faire des liens avec le présent. Il assume une approche patrimoniale, soulignant l'importance de la langue du XVIIe siècle, encore compréhensible aujourd'hui, et l'émotion qu'elle procure.
La langue et l'énergie de la mise en scène
Pour Benoît Lambert, respecter l'alexandrin est crucial : « Un vers, c’est douze syllabes, à la fin, on reprend sa respiration, ce qui est assez court. Cela donne un effet de vitesse et même un peu de vertige. » Il ajoute que la pièce gagne en énergie contemporaine grâce aux comédiens d'aujourd'hui : « Il y a une énergie contemporaine, car on le monte avec des corps d’aujourd’hui, avec des jeunes gens. »
Une pièce réaliste plutôt que féministe ou misogyne
Interrogé sur le caractère féministe ou misogyne de la pièce, Benoît Lambert rapporte la réponse de sa fille : « C’est réaliste. » Il explique : « Ce qui lui a plu, c’est que les personnages féminins ne sont pas parfaits, sont aussi faillibles, font et dire des bêtises, néanmoins, elles sont moins déplaisantes que les personnages masculins. » Il conclut que la pièce n'est ni féministe ni misogyne, mais reflète son époque avec réalisme.
Informations pratiques : Les représentations ont lieu le mardi 17 février à 20h et le mercredi 18 février à 19h au théâtre Bernadette-Lafont, place de la Calade, Nîmes. Tarifs de 9€ à 23€. Réservations au 04 11 94 00 10.



