Le Festival d'Avignon 2026 accueille une création singulière : « La Parabole du seum », de Rebecca Chaillon. Cette artiste, connue pour ses performances mêlant théâtre, danse et arts visuels, propose une plongée dans un capharnaüm artistique où se mêlent objets, vidéos et corps en mouvement. Le spectacle, présenté du 7 au 16 juillet à la Manufacture, explore les frustrations et les colères d'une génération en quête de sens.
Un chaos organisé sur scène
Rebecca Chaillon transforme la scène en un véritable bric-à-brac : des centaines d'objets du quotidien, des écrans diffusant des images d'archives, et des interprètes qui déambulent, crient ou dansent. « La Parabole du seum » se présente comme une réflexion sur l'accumulation, le désordre et la difficulté à trouver sa place dans un monde saturé d'informations. Selon l'artiste, « le seum, c'est cette rage contenue, ce sentiment d'injustice qui nous habite tous face à l'absurdité du système ».
Une œuvre participative et immersive
Le public est invité à déambuler librement dans l'espace scénique, à toucher les objets et à interagir avec les performers. Cette immersion totale vise à créer une expérience sensorielle unique, où chaque spectateur construit son propre parcours. La pièce dure environ 2 heures sans entracte, et le nombre de places est limité à 80 personnes par représentation pour préserver l'intimité de l'échange.
Un écho aux préoccupations contemporaines
À travers cette œuvre, Rebecca Chaillon aborde des thèmes comme la crise climatique, les inégalités sociales ou la surconsommation. « Nous vivons dans un monde où tout va trop vite, où l'on accumule sans cesse, sans jamais prendre le temps de trier », explique-t-elle. « La Parabole du seum » est une tentative de ralentir, de mettre en scène ce chaos pour mieux le comprendre. La pièce a été créée en résidence à la Friche la Belle de Mai à Marseille, avant d'être adaptée pour le Festival d'Avignon.
Un accueil critique prometteur
Les premières représentations ont suscité des réactions enthousiastes de la part de la critique. Le journaliste culturel Jean-Michel Lalanne a salué « une œuvre audacieuse et dérangeante, qui bouscule les codes du théâtre traditionnel ». Certains spectateurs, interrogés à la sortie, ont exprimé leur émotion face à cette « expérience cathartique ». Le festival a enregistré un taux de remplissage de 95 % pour les premières dates, confirmant l'intérêt du public pour les formes théâtrales innovantes.
Rebecca Chaillon, figure montante de la scène contemporaine
Née en 1985, Rebecca Chaillon s'est fait connaître avec des performances engagées, notamment sur les questions de genre et de diversité. Elle a été artiste associée au Théâtre de la Ville de Paris en 2024 et a reçu le prix de la révélation théâtrale du Syndicat de la critique en 2023. « La Parabole du seum » marque une nouvelle étape dans sa carrière, confirmant sa capacité à créer des œuvres immersives et politiques.



