Pièce sur l'attentat de Nice : le TNN renonce finalement à la lecture
Attentat de Nice : le TNN annule la lecture controversée

Le Théâtre national de Nice (TNN) a annoncé ce mercredi 17 juin renoncer à la lecture de la pièce polémique « En attendant le futur », vivement contestée par des victimes de l'attentat du 14 juillet 2016 et leurs proches. Cette décision intervient quelques heures après la prise de parole de l'autrice du texte, Me Olivia Chalus-Penochet.

Une annulation après des réactions contradictoires

Dans un communiqué commun signé par le TNN et l'autrice, intitulé « Une tragédie du silence », l'institution culturelle explique avoir été confrontée à des réactions contradictoires autour du projet. « Comme la presse s'en est fait l'écho, deux associations de victimes ont contesté la tenue de notre lecture gratuite “En attendant le futur” programmée le 20 juin 2026 dans les Arènes de Cimiez, tandis que d'autres, représentants d'associations ou victimes, ont salué l'idée de pérenniser, par l'art, la mémoire de cette tragédie », indique le texte.

Un débat ayant dépassé le contenu de l'œuvre

Le théâtre souligne que le débat a progressivement dépassé le contenu même de l'œuvre. « La difficulté de faire face à la douleur a fini par prendre le pas sur le projet lui-même », écrit-il, avant d'ajouter : « Le dilemme est devenu insoluble : si nous lisons, nous semblons offenser ; si nous annulons, nous donnons le sentiment d'accepter une forme de censure. »

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Un choix présenté comme un « geste de silence »

Sans renoncer aux principes qu'il défend, le TNN affirme avoir choisi d'annuler la représentation afin d'éviter de raviver davantage les tensions. Le communiqué insiste sur la vocation du festival consacré à la tragédie, présenté comme un espace où peuvent coexister des points de vue contradictoires. « Aucune parole n'est plus légitime qu'une autre pour tenter de saisir l'actualité, dès lors qu'elle s'exprime dans le respect de la dignité humaine », peut-on y lire.

Liberté de création en question

Le théâtre estime également que l'affaire soulève une question plus large sur la liberté de création. « Ce qui est en jeu aujourd'hui dépasse l'annulation d'une simple lecture : c'est la question de l'érosion progressive de la liberté d'expression lorsque le risque d'offenser finit par rendre impossible toute représentation du réel. » Malgré cette position, le TNN renonce donc et s'explique : « Il n'a jamais été dans notre intention de blesser les victimes mais, avec les moyens du théâtre, de contribuer à la mémoire d'une tragédie contemporaine. Nous renonçons donc à la tenue de cette lecture et nous faisons aujourd'hui le choix du silence, non comme un renoncement ou une adhésion à la censure mais comme un geste pris dans sa propre tragédie. »

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