Attentat du 14-Juillet : l'autrice de la pièce répond aux critiques et défend son œuvre
14-Juillet : l'autrice de la pièce répond aux critiques

Alors que l'association Life for Nice réclame l'annulation de la pièce programmée par le Théâtre national de Nice, l'autrice répond à ses détracteurs. Elle défend une œuvre originale artistique.

Une polémique persistante

La polémique autour de la lecture théâtrale En attendant le futur, programmée le 20 juin par le Théâtre national de Nice (TNN), continue de susciter de vives réactions. Après la publication d'une tribune signée par plusieurs victimes et proches de victimes de l'attentat du 14 juillet 2016, puis l'envoi d'une mise en demeure par l'association Life for Nice, demandant l'annulation de la représentation, l'autrice du texte, Me Olivia Chalus-Penochet, sort de sa réserve.

Dans un communiqué transmis à notre rédaction ce 17 juin, elle affirme que l'œuvre contestée ne constitue pas une simple reprise de témoignages issus du procès de l'attentat. « Il s'agit d'une œuvre originale artistique entièrement écrite par mes soins, et inspirée de faits réels respectant la dignité et le droit à l'image », écrit-elle.

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Une œuvre au cœur de la controverse

Le projet En attendant le futur doit être présenté sous forme de lecture gratuite dans le cadre du Festival de Tragédies du TNN, aux Arènes de Cimiez. Selon les informations communiquées par le théâtre, le texte s'inspire notamment de notes d'audience prises par Me Olivia Chalus-Penochet lors du procès de l'attentat de Nice.

L'association Life For Nice, qui représente des victimes directes et indirectes de l'attentat, estime pour sa part que des paroles prononcées à la barre de la cour d'assises ne peuvent être réutilisées dans un cadre artistique sans l'accord explicite des personnes concernées. Dans une mise en demeure adressée à la direction du TNN, l'association a demandé l'annulation de la représentation. Elle invoque le respect de la dignité des victimes, de leur vie privée et de leur mémoire traumatique.

« Personne ne m'a contactée »

Face à ces accusations, Olivia Chalus-Penochet regrette par communiqué ne pas avoir été sollicitée directement avant le déclenchement de la polémique. « Personne ne m'a contactée pour me demander la copie de mon texte ou m'informer qu'il y aurait des craintes à son sujet », affirme-t-elle, ajoutant que si cela avait été le cas, elle aurait communiqué son travail « sans difficulté pour en discuter ».

L'autrice indique avoir découvert les critiques à travers la tribune publiée contre le projet, se disant surprise d'y découvrir « un avocat et une personne de la société civile ». Elle estime ne pas être concernée par le débat portant sur les choix de programmation du théâtre.

Une proposition de dialogue

Après l'envoi de la mise en demeure au TNN, Olivia Chalus-Penochet explique avoir pris l'initiative de contacter le président de l'association Life For Nice. « J'ai donc contacté par téléphone et par mail le président de l'association Life For Nice pour lui proposer de venir lire mon texte et de voir avec lui les passages susceptibles de ne pas lui convenir », écrit-elle. Elle affirme également n'avoir reçu, à ce stade, aucun retour à cette proposition. « Ce jour, malgré une relance, il n'y a pas de retour de l'association pour prendre connaissance du texte. »

« Je défends les victimes bec et ongle depuis dix ans »

Dans sa déclaration, l'autrice rappelle que, selon elle, les événements historiques ne peuvent être considérés comme la propriété exclusive de ceux qui les ont vécus. « Bien que la narration d'un fait historique n'appartienne pas aux seules personnes qui l'ont vécu, je défends les victimes bec et ongle depuis dix ans et je ne souhaite pas les heurter », écrit-elle. « Le respect pour les victimes n'empêche pas de déplorer qu'une œuvre artistique puisse être menacée de censure sans même avoir été lue. »

Et de conclure en expliquant que le terrorisme a pour but de semer le désordre et le chaos dans nos sociétés occidentales, « et nous pouvons faire le constat que, 10 ans après, le venin opère encore ».

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