Une Biterroise dévoile ses vingt ans de vie dans les arènes de Béziers
Vie dans les arènes de Béziers : une Biterroise raconte

Une enfance magique au cœur des arènes de Béziers

Les arènes de Béziers, inaugurées en 1897, représentent bien plus qu'un simple monument historique pour la région. Pour Cécile Accariès-Louche, cette Biterroise ayant travaillé comme technicienne à l'INRA de Montpellier, ce lieu fut littéralement sa maison pendant de nombreuses années.

Vingt ans de vie dans un lieu emblématique

Grâce à son oncle embauché comme concierge en 1953, Cécile a pu vivre dans les arènes pendant deux décennies, découvrant ainsi les coulisses les plus secrètes de ce monument. Son livre, qui paraît officiellement le 16 mars, nous plonge dans une époque aujourd'hui révolue où la vie s'organisait au rythme des spectacles.

"Nous sommes devant l'entrée des arènes, on voit des fenêtres de part et d'autre de la grande porte. C'est là que vous avez vécu ?" interroge-t-on. "Oui, c'est bien là", répond Cécile. "À droite, il y avait deux pièces : la chambre de mon oncle et de ma tante, Casimir et Blanche Accariès, et celle de mes parents avec leurs deux enfants. À gauche, c'était le salon et la cuisine, les pièces de notre vie quotidienne."

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Un quotidien hors du commun

Le confort était spartiate, sans eau chaude, mais cela correspondait aux standards de l'époque. Cécile y a vécu à plein temps de 1953 à 1956, puis a continué à y passer tous ses temps libres : jeudis, week-ends et vacances scolaires.

"Vivre dans les arènes, pour une enfant, c'était magique", se souvient-elle. "C'était ma maison, mais aussi un terrain de jeu, un monde à part. J'allais à l'école Ernest Renan, un peu plus bas, et on venait là avec mes amies pour des parties de pétanque ou de cache-cache."

Les coulisses des spectacles

La famille bénéficiait d'un accès privilégié aux coulisses. Une semaine avant les corridas, l'oncle de Cécile réceptionnait les taureaux arrivant d'Espagne et le fourrage nécessaire. À l'arrière des arènes, près du corral, il avait même installé un jardin potager.

Cécile se souvient des rencontres avec le mayoral qui leur parlait de l'Andalousie, de la préparation de la chapelle, et des contacts avec les matadors. "J'ai vu ma première corrida à 6 ans", confie-t-elle. "Quand j'entends les premières mesures du paso doble, j'ai toujours un frisson, même si personnellement, j'ai toujours eu du mal avec la mise à mort."

Des stars en première ligne

Les arènes servaient également de salle de spectacle polyvalente à une époque où les scènes étaient rares. Cécile a ainsi assisté à des concerts prestigieux :

  • Johnny Hallyday
  • Sylvie Vartan
  • Yves Montand
  • Eddy Mitchell
  • Sacha Distel
  • Georges Brassens

Sans oublier les basketteurs des Harlem Globetrotters, le ballet nautique Niagara folies, ou les duels télévisés entre villes organisés par Guy Lux. La famille du concierge pouvait installer des chaises devant la scène, bénéficiant toujours des premières places.

La fin d'une époque

L'oncle de Cécile fut presque le dernier concierge des arènes. À sa mort en 1973, sa sœur le remplaça pendant cinq ans auprès de sa tante. Puis les chambres devinrent l'infirmerie, l'espace séjour fut utilisé pour la vente de billets et les tâches administratives, rendant le poste de concierge obsolète.

Béziers vue depuis les gradins

Le livre "À l'ombre des gradins" évoque également la vie quotidienne de Béziers dans les années 50 et 60, période où la ville était indissociable de ses arènes.

"Elles étaient ouvertes au public, toute l'année", explique l'auteure. "Mon oncle faisait le guide pour les visiteurs. Sur la piste, il y avait toutes sortes d'activités : des séances d'entraînement de majorettes, des concours de boules, c'est là aussi que les camions de la fête foraine étaient garés."

L'atmosphère était beaucoup plus informelle : la tante faisait sécher son linge dans les arènes, le directeur faisait ses comptes après chaque spectacle avec ses enfants tenant la buvette. "On ne verrait plus ces choses-là aujourd'hui", constate Cécile avec nostalgie.

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Un succès immédiat

Le livre, abondamment illustré, suscite déjà un grand intérêt parmi les Biterrois. Les quelques exemplaires mis en vente au Plaza, le restaurant faisant face aux arènes, sont partis en quelques heures seulement. Disponible sur Amazon et au Plaza, l'ouvrage est proposé au prix de 11,50 euros.

Cette plongée dans l'intimité des arènes de Béziers nous rappelle combien les monuments historiques ne sont pas seulement des pierres, mais aussi des lieux de vie où s'écrivent des histoires humaines uniques.