Robert Ménard : Ne fuyons pas l'histoire des châteaux cathares
Robert Ménard défend l'histoire des châteaux cathares

Robert Ménard, le maire de Béziers, monte au créneau contre ce qu'il considère comme une tentative de réécrire l'histoire des célèbres châteaux cathares. Dans une tribune publiée sur le site de Le Point, il appelle à ne pas céder aux pressions idéologiques qui viseraient à gommer le terme « cathare » de ces forteresses médiévales.

Un débat historique qui divise

Depuis plusieurs mois, des historiens et des militants locaux contestent l'appellation « châteaux cathares », arguant que ces édifices n'ont jamais appartenu aux Cathares, mais ont été construits par des seigneurs féodaux. Selon eux, le terme est une invention touristique du XXe siècle. Robert Ménard rejette cette vision : « Ces châteaux sont indissociables de l'histoire du catharisme en Occitanie. Leur destin est lié à la croisade contre les albigeois. Nier cela, c'est faire offense à notre patrimoine et à la mémoire de ceux qui y ont vécu et combattu. »

Le débat a pris une ampleur nationale, avec des articles dans la presse et des interventions d'élus locaux. Pour Ménard, il ne s'agit pas d'une simple querelle sémantique, mais d'une question de respect de l'histoire régionale. Il souligne que les dizaines de milliers de touristes qui visitent chaque année ces sites viennent en grande partie pour l'aura mystique et historique liée aux Cathares.

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L'importance économique du tourisme cathare

Les chiffres parlent d'eux-mêmes : selon l'office de tourisme d'Occitanie, les châteaux cathares attirent plus de 500 000 visiteurs par an, générant des retombées économiques considérables pour la région. « Si l'on retire le mot "cathare", on risque de banaliser ces lieux et de perdre une partie de leur attractivité », avertit Ménard. Il rappelle que la marque « Pays Cathare » est déposée et utilisée par de nombreuses communes pour promouvoir leur territoire.

Le maire de Béziers s'insurge également contre ce qu'il perçoit comme un excès de zèle académique : « On veut nous faire croire que le catharisme n'a jamais existé, ou qu'il n'a laissé aucune trace. C'est absurde. Les archives, les textes, les vestiges archéologiques : tout atteste de la présence cathare dans ces lieux. » Il cite notamment le château de Montségur, haut lieu de la résistance cathare, ou celui de Quéribus, dernier bastion tombé en 1255.

Une défense du patrimoine culturel

Au-delà de l'aspect touristique, Robert Ménard voit dans cette controverse une attaque plus large contre la culture occitane. « La région a été marquée par l'Inquisition et la croisade. Vouloir effacer le mot "cathare", c'est une forme de censure historique », déclare-t-il. Il appelle les habitants et les élus à défendre ce patrimoine avec fierté.

Plusieurs associations de défense du patrimoine ont pris position en faveur du maire de Béziers. « Le terme "châteaux cathares" est entré dans le langage commun. Les guides touristiques, les documentaires, les livres : tout le monde l'utilise. En changer serait une erreur stratégique et historique », explique un représentant de l'association « Histoire et Patrimoine du Languedoc ».

La position des autorités locales

La région Occitanie, de son côté, n'a pas officiellement tranché. Le conseil régional a commandé une étude historique pour déterminer l'origine exacte de l'appellation. Mais Robert Ménard ne veut pas attendre : « On ne peut pas laisser des universitaires décider seuls de ce que doit être notre histoire. Les élus, les citoyens ont aussi leur mot à dire. » Il menace de saisir le ministère de la Culture si la tendance à la révision se confirme.

En attendant, le maire de Béziers continue de défendre bec et ongles l'expression « châteaux cathares ». Il a même proposé d'organiser un référendum local sur la question. « Les habitants de l'Occitanie savent ce qui est bon pour leur patrimoine. Ils n'ont pas besoin qu'on leur impose une vision déformée de l'histoire », conclut-il.

La polémique ne semble pas près de s'éteindre. Entre passions historiques et enjeux économiques, le combat pour préserver l'appellation « châteaux cathares » est loin d'être gagné. Mais Robert Ménard est déterminé à ne pas laisser l'histoire se réécrire sans débat.

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