Pont de Quézac : huit siècles de crues et de reconstructions
Pont de Quézac : huit siècles de crues et de reconstructions

Le pont de Quézac, qui enjambe le Tarn en Lozère, a connu une histoire mouvementée marquée par de nombreux effondrements et reconstructions. La dernière catastrophe en date, la crue de 1901, a emporté la chapelle Saint-Joseph, laissant une arche squelettique visible encore aujourd'hui.

Un pont né au XIVe siècle grâce aux pèlerins

Le village de Quézac doit sa notoriété à son eau minérale exploitée depuis 1989, mais son histoire est bien plus ancienne. Dès 1052, un premier édifice est construit en l'honneur de la Vierge noire, attirant rapidement des pèlerins. Pour faciliter leur passage sur le Tarn, la construction d'un pont commence en 1350. Le pape Benoît XII encourage d'ailleurs la population à faire des offrandes pour ce projet le 2 mai 1395, et les dons se poursuivent jusqu'en 1450.

Des effondrements à répétition

Le premier incident majeur survient en 1622 avec l'effondrement de la seconde voûte, reconstruite en 1633. Mais en 1659, une nouvelle voûte s'effondre, nécessitant une réfection la même année. Entre 1689 et 1691, les habitants se plaignent du mauvais état de l'ouvrage, si bien qu'en 1710, la pile centrale et la grande travée doivent être refaites. Une réparation de fortune est alors réalisée avec des cintres de coffrage, mais ceux-ci s'effondrent en 1726. Les travaux reprennent et s'achèvent en 1728, mais une crue le 5 octobre emporte l'ouvrage.

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L'intervention de l'ingénieur du Languedoc

En 1738, l'ingénieur de la Province du Languedoc intervient, et l'entrepreneur Pélissier réalise les travaux. La pile centrale, la troisième pile et la grande arche sont reconstruites, et une petite chapelle dédiée à Saint-Joseph est édifiée. Cependant, en 1901, une nouvelle crue détruit la chapelle. C'est ainsi que le squelette d'une arche trône encore sur ce pont, témoignant des vicissitudes subies par cet édifice emblématique de la région.

Cette histoire est relatée par Jean-Marie Gazagne dans sa rubrique hebdomadaire publiée par Midi Libre le 15 août 2026. Le pont de Quézac reste aujourd'hui un témoin fragile du passé, mais il continue de susciter l'intérêt des visiteurs et des passionnés de patrimoine.

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