Un archéologue saintais alerte sur l'oubli du patrimoine gallo-romain dans le débat électoral
Selon Jean-Philippe Baigl, archéologue saintais à l'Institut national de recherche et d'archéologie préventive (Inrap), la question du patrimoine gallo-romain fait cruellement défaut dans cette campagne électorale. Il souligne avec insistance que cette absence nuit à la valorisation de l'identité profonde de la ville.
Le positionnement des candidats en question
Qu'est-ce qui manque, selon vous, dans cette campagne ? interroge l'expert. C'est le positionnement des candidats sur le patrimoine, et notamment sur le patrimoine gallo-romain qui, pour moi, constitue l'identité même de la ville, affirme-t-il. Il insiste sur la nécessité absolue de s'appuyer sur cet héritage unique. C'est vrai, Royan, Bordeaux, toutes les villes environnantes, n'ont pas cette identité spécifique. Donc, si on veut se démarquer, si on veut posséder un atout supplémentaire, c'est véritablement l'identité gallo-romaine qu'il faut mettre en avant parce que Mediolanum Santonum était une cité gallo-romaine extraordinaire, explique-t-il avec conviction.
Des pistes de travail pour une médiation renouvelée
Que proposeriez-vous comme piste de travail ? Les pistes, selon Jean-Philippe Baigl, résident principalement dans la médiation culturelle. Il est essentiel que tous les services de médiation culturelle puissent s'appuyer sur nos travaux scientifiques rigoureux, précise-t-il. Nous réalisons des découvertes archéologiques sur la période gallo-romaine, qui se renouvellent constamment, et nous avons des informations précises à transmettre. Et quand on observe les médiations proposées aujourd'hui, où certaines affirmations sont erronées ou datent de trente ou quarante ans, cela fait vraiment mal au cœur…
Un lien rompu avec la municipalisation
Pour vous, il y a un lien qui fait défaut… Oui, et le pire, c'est que ce lien a existé par le passé et qu'il n'existe plus aujourd'hui, déplore l'archéologue. Ce lien précieux a disparu lorsque le portage du label Ville d'Art et d'Histoire est passé dans le giron de la mairie. Auparavant, l'association L'Atelier du patrimoine gérait ce label. Nous avions des administrateurs, comme moi en tant qu'archéologue, qui apportaient cette caution scientifique gallo-romaine indispensable. Or, avec la municipalisation, il n'y a plus eu d'archéologue impliqué, et donc personne pour valider ou orienter le contenu scientifique des projets, analyse-t-il avec regret.
L'idée d'un archéologue municipal jugée pertinente
Que pensez-vous de l'idée d'un archéologue municipal ? Je trouve cette proposition tout à fait pertinente, mais cela dépend évidemment de ce que la Ville souhaite en faire concrètement, répond Jean-Philippe Baigl. Effectivement, un archéologue municipal pourrait apporter la caution scientifique dont je parlais précédemment. Ce serait un rôle de conseiller scientifique sur les divers projets urbains et patrimoniaux. Et pourquoi pas également un rôle dans la médiation culturelle. Aujourd'hui, si je peux me permettre, c'est précisément à ce niveau que la situation pèche le plus, conclut-il en appelant à une réflexion approfondie sur la place de l'archéologie dans la gestion municipale.



