Les arènes du Sud-Ouest se réinventent pour une utilisation toute l'année
Les arènes se diversifient pour une utilisation annuelle

Les arènes du Sud-Ouest se réinventent pour une utilisation toute l'année

Les toros et vaches ne montrent leurs cornes que quelques jours par an dans les arènes. Confrontées à la nécessité d'optimiser l'usage de ces infrastructures, les municipalités du Sud-Ouest multiplient les initiatives pour diversifier leur programmation. L'Observatoire des cultures taurines recense 270 arènes en France, dont près d'une centaine dans le seul département des Landes. Aucun candidat aux élections municipales n'a proposé leur destruction, qu'il soit pour ou contre la corrida.

Un patrimoine culturel ancré dans l'histoire locale

« Les arènes font partie de notre patrimoine et de notre culture depuis plus d'un siècle », expliquent unanimement les élus en charge de leur gestion. Dans le Sud-Ouest, leur présence n'est pas remise en question, mais leur fonctionnement doit être optimisé. Bayonne, arène de première catégorie, a depuis longtemps diversifié ses usages : corridas, visites touristiques (6 000 par an), séminaires, présentations de produits pour grandes marques, repas dans les coursives ou sur la piste, et grands concerts avec des artistes comme Julien Doré ou Maître Gims.

« On pourrait faire plus, mais les arènes (10 000 places) sont situées dans un quartier résidentiel. Il y a un équilibre à respecter », précise Yves Ugalde, adjoint à la culture. Toutes les générations de Bayonnais ont fréquenté les gradins inconfortables des arènes de Lachepaillet pour des spectacles variés. L'artiste Manu Chao, lors d'un concert en 2008, a souligné l'acoustique formidable de ce lieu hors du commun.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

La diversification dans les villages : défis et opportunités

Dans les villages, la programmation est plus légère. À Captieux, seule arène fixe de Gironde, seules une novillada et une course landaise sont organisées annuellement. « La mairie est ouverte aux discussions pour diversifier l'offre : spectacles, tournois de pétanque, vide-greniers, ciné plein air, one-man-show », indique Stéphane Brethes, président de Rugby y Toros. Le principal frein reste la pluie, avec des possibilités de repli limitées.

La couverture des arènes apparaît comme un élément stratégique pour une utilisation annuelle. « C'est la clé pour faire vivre ces lieux tout au long de l'année », estime Jean-François Pilès, gestionnaire des arènes d'Aire-sur-l'Adour et Saint-Vincent-de-Tyrosse. Cependant, couvrir une enceinte historique coûte cher, entre 5 et 10 millions d'euros, voire davantage pour des toits rétractables.

Investissements et adaptations pour le XXIe siècle

Pour les puristes, couvrir une arène risque d'estomper la magie du lieu en filtrant le soleil et le vent. Pourtant, des communes comme Gamarde-les-Bains, qui a couvert ses arènes en 2009, bénéficient d'une utilisation élargie, accueillant des marchés fermiers ou des matchs de basket toute l'année. Pontonx-sur-l'Adour a investi 5,5 millions d'euros en 2013 pour un bouclier anti-intempéries, créant une salle polyvalente chauffée et climatisée. Le maire Dominique Urolategui souligne un budget de fonctionnement annuel de 100 000 euros, mais un espace multiculturel fonctionnel toute l'année, avec des événements comme des concerts de Yannick Noah.

Sur le littoral landais, Parentis-en-Born a également opté pour la couverture en 2021, avec un investissement de 5 millions d'euros. La maire Marie‑Françoise Nadau met en avant les aménagements réalisés : accessibilité aux normes, cuisine, salle de séminaire. Les arènes accueillent désormais un forum de l'emploi, des entraînements d'athlétisme, ou encore des mariages. La couverture en Teflon ne filtre que 10 % de la lumière et peut être retirée pour 10 000 euros.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale

Inspirations internationales et avenir des arènes

Les partisans des arènes modernisées citent souvent l'exemple de Saragosse en Espagne, couverte dès 1988. De l'autre côté des Pyrénées, des villes comme Bilbao ou Saint-Sébastien réfléchissent à diversifier leurs activités, avec des investissements importants. Saint-Sébastien prévoit 70 millions d'euros pour transformer les arènes d'Illumbe en pôle majeur de loisirs, sans renier l'attachement aux courses de toros. Barcelone a quant à elle transformé ses arènes en centre commercial après l'interdiction de la corrida en 2010.

Ces arènes centenaires s'adaptent ainsi aux exigences du XXIe siècle, combinant préservation du patrimoine et innovation pour une utilisation optimisée tout au long de l'année.