La Grand-Combe révélée par son journal historique
Laurent Aiglon, historien et agent de la Maison du mineur, animera le deuxième rendez-vous du cycle des Vendredis savants ce vendredi 27 mars à 18 heures. Cette conférence mettra en lumière Le Moniteur des Cévennes, un hebdomadaire qui paraissait chaque dimanche dans la cité minière de La Grand-Combe, dans le Gard.
Une source documentaire exceptionnelle
À travers ses 2531 numéros, riches en faits divers, chroniques sportives et échos de la vie quotidienne, l'historien a puisé de nombreuses anecdotes qu'il présentera au public. « C'est une source exceptionnelle pour comprendre l'histoire locale », souligne Laurent Aiglon.
L'origine de cette conférence remonte à un don précieux : Pierre Combernous, décédé il y a quelques mois, avait apporté au musée un registre du Moniteur des Cévennes datant des années 1920, sauvé du rebut. « Cela nous a donné l'occasion de consulter ce document, dont nous n'avions jusque-là que des extraits », explique l'historien.
André Pezzon, président des Amis du musée, a également contribué en effectuant des reproductions aux archives départementales du Gard pendant des années, ramenant de nombreux articles témoignant des grands événements relatés dans le journal.
Contexte historique de la création du journal
Le Moniteur des Cévennes a été publié de 1897 à 1944. Sa création s'inscrit dans un contexte bien particulier, suite à la grande grève des mineurs d'avril à juin 1897. Après cet épisode, perdu par les mineurs, la Compagnie a licencié 1 500 ouvriers, entraînant le départ de 5 000 à 6 000 habitants.
« Cela a provoqué un exode massif, dans un contexte de crise liée à une surproduction de charbon. Il fallait alors recréer un sentiment d'unité et d'appartenance à la ville », précise Laurent Aiglon.
C'est dans ce cadre que Désiré Coronel, géomètre de la mine, a été chargé de créer ce journal. Il avait installé son imprimerie rue Pasteur, à l'emplacement de l'actuelle Imprimerie des Cévennes, aujourd'hui plus ancien commerce en activité de La Grand-Combe.
Rôle fédérateur dans la vie locale
Le journal avait pour mission de relater la vie de la cité : l'état civil, les faits divers, le sport… Tout ce qui faisait le quotidien des habitants. « Au départ, il ne suffisait pas de créer un journal, il fallait aussi fédérer », rappelle l'historien.
Cela est passé par une souscription pour ériger le buste de Mathieu-Lacroix, figure familière des Grandcombiens. Le poète, décédé en 1864, a servi de symbole consensuel. Le journal a largement contribué à porter cet événement et l'inauguration de son buste en 1899.
Lors de cette conférence, Laurent Aiglon présentera quelques-unes des chroniques que les lecteurs pouvaient découvrir, offrant ainsi un voyage dans le temps au cœur de l'histoire minière et sociale de La Grand-Combe.



