La forge d'Écurat, un atelier figé dans le temps depuis 1964
Ce samedi 14 mars, le public est invité à découvrir un atelier de forgeron tel qu'il a été laissé en 1964, au décès de son propriétaire. Le temps s'est littéralement arrêté pendant près de quarante ans dans cet espace, avant de connaître une renaissance spectaculaire grâce à l'art de la récupération.
Un lieu incontournable du village jusqu'au milieu du XXe siècle
Jusqu'au milieu du XXe siècle, la forge d'Écurat, située à côté de Saintes, constituait un lieu essentiel de la vie villageoise. Le forgeron y réparait les outils agricoles et exerçait le métier de maréchal-ferrant, prenant soin de ferrer les chevaux mais également les bœufs. En 1964, au décès de Guy Seguin, dernier maréchal-ferrant du village, sa veuve scelle les portes de la forge, la laissant intacte pendant quatre décennies.
La forge rallumée en 2013 après une rénovation municipale
Retour en arrière. En 1997, la forge est léguée à la mairie d'Écurat avec une condition spécifique : ne pas dénaturer ce lieu historique, conserver sa destination initiale et ne pas transformer le « balai » - l'espace attenant où l'on attachait les bœufs pour les ferrer - en simple hangar pour tracteurs. La mairie devient propriétaire et s'associe avec la Société d'Archéologie et d'Histoire d'Écurat (Arkéhis).
L'association se charge alors du tri, du classement de l'outillage, des divers objets et machines, avec pour mission de mettre en valeur ce patrimoine rural et d'organiser visites, animations et expositions temporaires. La mairie entreprend des travaux de rénovation et inaugure le bâtiment en 2003.
La création d'œuvres contemporaines en pièces de récupération
Dix ans plus tard, en 2013, grâce au travail des bénévoles, la forge est rallumée pour un projet artistique ambitieux : créer un cheval grandeur nature entièrement réalisé à partir de pièces agricoles de récupération. Josiane Blanchard, présidente d'Arkéhis, et Marthe Castagneyrol de l'Atelier d'Art dessinent et peignent sur un grand panneau de contreplaqué un cheval qui servira de gabarit à Philippe Trochut et Jean-Luc Rabanier pour la réalisation de l'œuvre.
« Evandar », le cheval de fer, voit ainsi le jour et trône fièrement devant la mairie à qui il est offert. Mais les artistes ne s'arrêtent pas là. Un projet de bœuf suit rapidement, toujours avec des matériaux de récupération.
Le bœuf Eustache et les projets futurs
« Le cheval et le bœuf sont les emblèmes de la forge », explique Josiane Blanchard. « Les gens qui passaient se demandaient ce qu'était le métier à ferrer les bœufs qu'ils voyaient, ainsi est né le projet artistique du bœuf en position de ferrage. »
Le bœuf, baptisé Eustache - dont la racine grecque eustakhios signifie « récolte abondante » - a été inauguré le 20 septembre 2025, jour de la saint Eustache. L'ébauche de l'ossature a été réalisée par Jean-Luc Rabanier et Pierre Auger, tandis que Philippe Trochut, son fils Jonathan, Pascal Jaud et son fils Quentin ont formé les différentes pièces du corps.
De nouveaux projets sont déjà en gestation à la forge, avec un coq et un arbre en préparation. L'aventure artistique continue donc dans ce lieu chargé d'histoire.
Informations pratiques pour la visite
La forge d'Écurat ouvrira ses portes au public les samedis 14 mars, 2 mai et 6 juin de 14h30 à 16h30, rue du Centre à Écurat. L'entrée est libre. Pour plus d'informations, contacter Arkhéis au 06 35 20 13 36.
Cette initiative unique permet non seulement de préserver un patrimoine rural précieux, mais aussi de le réinterpréter à travers des créations contemporaines, faisant de la forge d'Écurat un témoignage vivant de l'histoire artisanale et agricole de la région.



