Les jeunes relancent les traditions taurines dans le Gard rhodanien
Jeunes relancent les traditions taurines dans le Gard

Les traditions taurines connaissent un nouvel élan dans le Gard rhodanien. À Orsan, Codolet ou Bagnols-sur-Cèze, une génération de jeunes passionnés relance clubs et fêtes locales, rassemblant plusieurs milliers de participants. Petit-déjeuner au pré, abrivado, toro-piscine… Vendredi 1er mai, plus de 2 500 personnes vont déferler à Orsan pour une journée entièrement consacrée aux traditions taurines, ouvrant ainsi la saison dans le Gard rhodanien.

“Notre objectif est de faire découvrir les traditions aux gens qui arrivent dans le Sud et qui ne connaissent pas”, glisse Mathieu Prim, le président du club taurin Lou César créé en 1973. “Ça fait partie de notre identité.” À seulement 21 ans, l’Orsanais a repris l’association – l’une des plus vieilles du village – en décembre dernier. Membre du club depuis ses 10 ans, il a toujours été passionné par cette tradition. “Si ma famille n’est pas issue du milieu, je m’y suis intéressé très jeune avec mes amis. On a vraiment grandi avec ça. C’est comme quelqu’un qui joue au foot le dimanche. Nous, c’est le taureau. Plus jeune, j’allais en Camargue tous les week-ends”, détaille Mathieu Prim.

Au sein du club taurin Lou César, il y a toujours eu “des anciens et des plus jeunes. C’est repris de génération en génération. En tant que jeunes, on cherche aussi à s’intéresser aux traditions”, ajoute celui qui a été raseteur à Bouillargues de ses 13 à 18 ans. Si certaines personnes sont issues de la Camargue, berceau des manifestations taurines, dans l’association, on retrouve essentiellement des Orsanais. “On essaye de maintenir les clubs taurins dans le nord du Gard. Ça fait partie de notre identité.”

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À Codolet, le club taurin Lou Vercan a été recréé il y a trois ans après avoir été mis en sommeil pendant plusieurs dizaines d’années. Une poignée de jeunes membres du comité des fêtes, désireux d’organiser davantage d’animations taurines au sein du village, décide de franchir le pas. “Personne n’y croyait, ils disaient qu’on était trop jeunes”, raconte son président Samuel Devaux, âgé de 23 ans. Après un toro piscine la première année, l’association programme une journée de festivités, le 8 mai 2025. “On a fait 1 600 entrées et là, pour cette année, on vise les 2 000”, indique-t-il.

Un engouement tel que le club compte aujourd’hui quelque 103 adhérents, toutes générations confondues. Et outre la fête du 8 mai qu’il espère voir devenir “une date emblématique comme le 1er mai à Orsan”, le club entend proposer d’autres rendez-vous dans l’année comme une ferrade à la manade des Chardons (Roquemaure) ou une journée de découverte de la bouvine en septembre. “Les traditions taurines fédèrent pas mal de monde. Notre but à nous est de les faire revivre, qu’elles aient toute leur place dans le Gard rhodanien, souligne Samuel Devaux. Avec toutes les lois et les restrictions qui existent autour de ces traditions, on se dit qu’un jour on ne pourra peut-être plus rien faire, donc il faut en profiter pour les faire à fond.”

Fondateur du club Lou Vercan, Dominique Friesz est enchanté d’assister à “ce regain. La mentalité bouvine s’était effacée dans le Gard rhodanien car avec l’arrivée des gens de Marcoule beaucoup ne connaissaient pas ces traditions. Mais depuis le Covid, les gens ont de plus en plus envie de se retourner autour de ces traditions, de faire la fête.”

À Bagnols-sur-Cèze, les traditions taurines sont elles aussi bien ancrées. Mis en sommeil au début des années 2000, le club taurin Lou Gabian a repris vie en 2020 sous l’impulsion de son président d’honneur, Yanick Mira. Depuis 2023, Alexandre Gilles, 22 ans, en a pris les rênes avec un objectif clair : faire vivre la bouvine dans la capitale du Gard rhodanien. “On a des ferias à Saint-Paulet, un club à Orsan… c’était quelque chose qui manquait ici”, explique le jeune passionné. Un engouement qui lui vient de l’enfance. “J’ai grandi près de Lunel, dans un village de 400 habitants où la culture taurine était très présente”, précise-t-il.

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Parmi les temps forts de l’année figurent la ferrade début mai, la fiesta bagnolaise organisée avec le comité des fêtes en juillet, ainsi que la traditionnelle fête votive début septembre. Pour mener à bien ces événements, Alexandre Gilles peut s’appuyer sur la soixantaine d’adhérents que compte aujourd’hui le club. “Le monde taurin, c’est notre culture, notre histoire, donc il faut la préserver, insiste-t-il. Depuis la reprise des événements, il y a un véritable engouement, chez les anciens comme chez les jeunes. Les fêtes de village, ça attire toujours.”