Jacques Nougaret, mémoire vivante du patrimoine biterrois, partage sa passion pour Béziers
Chaque dimanche, Midi Libre Béziers rencontre une personnalité locale pour évoquer son actualité. Ce dimanche 22 mars, c'est avec Jacques Nougaret, figure incontournable du patrimoine biterrois, que le journal a partagé un café. À 83 ans, cet ancien adjoint au Patrimoine vit l'histoire de sa ville natale avec une passion communicative.
Un rapporteur d'histoires, pas un historien
Petit gilet, cravate, chemise à rayures impeccable et souliers vernis, Jacques Nougaret est tiré à quatre épingles ce samedi matin. "Je ne suis ni un écrivain ni un historien mais un rapporteur d'histoires", insiste-t-il avec humilité. Installé au café, commandant une noisette, il s'anime dès qu'on aborde Béziers, où il est né il y a plus de huit décennies.
Avec Eric Baldy et Amaury De Nervaux, dans le cadre de la Société archéologique et en partenariat avec l'Office de Tourisme, il organise des visites patrimoniales de la ville. "Je me documente, je lis beaucoup, j'étudie et vraiment j'en apprends tous les jours", confie-t-il, son regard s'illuminant à l'évocation de sa cité.
Béziers, entre déclin et espoir de renaissance
Ancien agent d'assurances, Jacques Nougaret a été adjoint au Patrimoine lors du troisième mandat de Raymond Couderc. Il a connu les grandes années de Béziers, "quand la ville était portée par le rugby, dans les années 70-85. Tout le monde y avait du travail". Puis est venu le déclin.
"Ce qui lui a certainement fait du mal, c'est l'alternance des maires. Ils ont tous fait avancer la ville, mais elle s'est surtout stabilisée dans ses projets depuis les trois mandats de Raymond Couderc et ceux de Robert Ménard", analyse-t-il. Béziers reste une ville pauvre, avec des quartiers en périphérie du centre-ville où "il reste toujours à faire".
Mais l'espoir renaît : "On sent que les affaires reprennent. L'Agglo a beaucoup apporté car elle a donné, notamment, une vision plus large du territoire".
Un passeur de mémoire infatigable
Jacques Nougaret ne se passe pas un jour sans se plonger dans un livre, étudier, réfléchir à sa ville ou explorer son passé. Ce samedi même, il était dans un club taurin pour conter l'histoire de toutes les arènes de Béziers. Le samedi 27 mars, à l'invitation de la pastorale du tourisme, il remontera l'histoire de Biterre, des premiers consuls au maire actuel.
"Je suis un fou de ce patrimoine", s'enthousiasme-t-il. "J'essaye de raconter des histoires plaisantes, ludiques. Ce qui est intéressant, ce sont les anecdotes vraies, parfois romancées !"
Un sportif accompli et toujours actif
Depuis sa retraite, Jacques Nougaret n'a pas arrêté une minute. Le sport a toujours été prédominant dans ses loisirs :
- Course, gym, rugby, football, golf, triathlon
- Créateur des Chameaux de Béziers, club de triathlon de la ville, au début des années 80
- Initiateur du triathlon de Valras qui a réuni jusqu'à 800 participants
Le Biterrois a désormais quelque peu levé le pied mais continue à arpenter les rues de sa ville, à l'observer, la ressentir et s'imprégner de son passé.
Ses coups de cœur biterrois
Jacques Nougaret partage ses préférences locales :
Un lieu préféré : "C'est à la fois le plateau des Poètes car il est beau, reposant, agréable et l'église Saint-Aphrodise car elle est le passé de Béziers, toutes les traditions partent de là. J'apprécie aussi les Ostals. C'est un lieu patrimonial qui raconte une histoire."
Une table : "Le bar La Victoire, sur les Allées, qui fait très bistrot parisien. Il y a toujours un bon plat du jour. Sachant que je suis un cuisinier hors pair qui ne sait préparer qu'un seul plat, les œufs à la tripe ! Ce sont des œufs frits sur des oignons doux de Lézignan-la-Cèbe que l'on a fait revenir."
Un livre : "Ce sont surtout les livres d'histoire qui m'ont marqué. Si j'en choisis un, c'est 'Les légendes du vieux Béziers' de Mathilde Bellaud-Dessalles. C'est un très vieux livre que nous avons réédité au Chameau Malin. Il est plein d'histoires de Béziers et de légendes."
Un sport : "Le plus ludique que j'ai pratiqué est le golf. J'y ai joué une quinzaine d'années. Mais celui qui apprend à se connaître le mieux, c'est le triathlon, car il faut toujours être maître de soi-même."
Un vin : "Je suis très admirateur de beaucoup de vignerons de Béziers et de la région, en particulier du domaine biterrois de la Colombette. Depuis deux générations, il est très innovateur avec son vin allégé en alcool, le travail effectué sur de nouveaux cépages. En plus, François et Vincent Pugibet, les propriétaires, sont toujours restés modestes."



