Hendaye, une perle du Pays basque au riche patrimoine architectural
Qu'elle soit explorée côté ville ou côté plage, Hendaye captive par ses paysages majestueux, ses quartiers paysagers, ses villas d'architecte et les souvenirs de ses hôtes prestigieux. En 1906, le paysagiste-promoteur Henry Martinet rachète la Foncière d'Hendaye et hérite de 410 hectares de dunes. Il entreprend de les démoustiquer et de les rendre accessibles via la route de la Corniche, le tramway et le train, désormais prolongé jusqu'à la plage. Martinet, visionnaire, imagine même un pont au-dessus de la Bidassoa vers l'Espagne, projet qu'il abandonnera finalement.
La vision d'une cité-jardin harmonieuse
Ambitieux, Martinet rêve de transformer Hendaye-Plage en un petit Biarritz. Cependant, contrairement à la "reine des plages" et son joyeux mélange de fermes anglo-normandes, manoirs gothiques et villas mauresques ou Renaissance, il aspire à l'unité. Il souhaite créer une harmonieuse "cité-jardin aux architectures d'inspiration locale, situées le long d'allées plantées d'essences exotiques". Formé à l'art des jardins dans sa vallée de la Loire natale, à l'école d'horticulture de Versailles et dans les cités-jardins d'Angleterre, il désire quelque chose de basque, mais aussi d'innovant.
Pour réaliser cette vision, il s'associe au jeune et brillant architecte Edmond Durandeau, natif d'Angoulême mais qui passera une grande partie de sa vie à Hendaye. Durandeau conçoit la plupart des 70 villas classées de Hendaye-Plage, dans un style néobasque, néoclassique et néohispanique, privilégiant colonnades, arcades, patios et ferronneries plutôt que colombages. Dès 1911, il construit sa Maison rouge rue des Citronniers, vitrine écarlate de ses idées.
L'âge d'or des Années folles
La même année, Martinet aménage un golf sur le domaine d'Abbadia et rénove le palace Eskualduna, avec 125 chambres et 75 salles de bain donnant sur l'Océan. Cet établissement attire une clientèle huppée, dont le romancier Georges Courteline et le diplomate-écrivain Paul Morand, qui déclare vivre à Hendaye les "meilleurs mois de (s)a vie". Le peintre, écrivain et photographe Jacques Henri Lartigue séjourne également à l'Eskualduna avec sa famille au printemps 1925 et à l'été 1927, capturant des scènes de bonheur sur la plage.
Le peintre Albert Marquet vient aussi en famille, peignant le ponton de la Floride et les paysages de la baie. Cette époque faste voit Hendaye briller comme un lieu de créativité et de loisirs, où flotte une douce nostalgie des Années folles, palpable encore aujourd'hui dans ses rues arborées.
Le déclin et l'héritage préservé
La réalité s'avère moins tendre avec le krach de Wall Street de 1929, qui mène Henry Martinet à la faillite en 1932. Néanmoins, la cité-jardin d'Hendaye-Plage subsiste, mise en valeur par l'office de tourisme lors de visites guidées chaque jeudi à 10h30. Le mardi, des guides attendent côté ville sur le parvis de l'église Saint-Vincent, reconstruite en 1598 et ornée d'un vitrail des ateliers Mauméjean.
De là, le chemin de la Baie mène à des villas célèbres comme Bakar Etxea, où vécut l'écrivain Pierre Loti à partir de 1891. Juchée sur les vestiges des remparts de Vauban, elle offre une vue imprenable sur le vieux port de Caneta et la baie. C'est ici que Loti écrivit "Ramuntcho", contribuant à la vision romantique du Pays basque que perpétueront des artistes comme Lartigue.
Adresses incontournables et activités
Pour visiter Hendaye, il est recommandé de laisser sa voiture et de louer un vélo électrique, notamment auprès des Roues de Lilou. Les visites architecturales de l'office de tourisme permettent de découvrir le centre-ville et Hendaye-Plage pour 4€. La galerie L'Angle expose jusqu'au 31 juillet "Aurores" d'Alain Laboile, tandis que la boutique Lagunak propose espadrilles et vêtements en tissu Liberty.
Walter Glacier séduit avec ses 48 glaces et sorbets, et la céramiste Maiana Mendiharat crée des pièces uniques à son atelier. Pour se restaurer, L'Apostrophe offre un patio ombragé et des menus à partir de 29€, et Le Parc à Huîtres sert des fruits de mer face au port. La cave Eguiazabal, fondée en 1923, propose des dégustations de vins avec des assiettes de produits fins.
Pour le logement, la Villa Enara, nouvelle maison d'hôtes avec vue sur la mer, propose des chambres de 128 à 150€, et l'Hôtel*** Santiago, moderne et spacieux, offre des nuits dès 80€. Hendaye continue d'enchanter, mêlant patrimoine, nature et douceur de vivre, un héritage précieux à préserver et à explorer.



