Une découverte archéologique majeure en Côte d'Ivoire
Dans la sous-préfecture de Tapéguia, au centre-ouest de la Côte d'Ivoire, des fouilles archéologiques menées près des villages de Gazibouo et Zakroguhé ont révélé les vestiges d'un ancien fourneau métallurgique datant du Ve siècle. Ce site, situé en zone humide à proximité d'un bas-fond, offre un témoignage précieux d'une activité sidérurgique ancienne encore largement méconnue dans le pays.
Un travail minutieux mené par des étudiants et chercheurs
Sous la direction du Dr Tie By Gala, une équipe d'étudiants en licence et master en archéologie de l'université Félix-Houphouët-Boigny d'Abidjan a consacré dix jours à ces fouilles. Les chercheurs ont alterné travaux à la pioche, à la truelle et au pinceau pour mettre au jour progressivement la structure ancienne.
L'archéologue Arouna Yeo, enseignant-chercheur, explique l'objectif de ces investigations : « Nous creusons pour atteindre le fond du fourneau. Ce que nous trouverons au fond nous renseignera sur son fonctionnement et permettra une datation plus fine, notamment par analyse du charbon ».
Des découvertes prometteuses malgré des moyens limités
Au cours de leurs travaux, les archéologues ont exhumé plusieurs éléments significatifs :
- Des fragments de terre cuite
- Des morceaux de tuyères
- Du charbon de bois
- Un coquillage
Ces artefacts devraient permettre de mieux comprendre les techniques métallurgiques employées il y a plus de quinze siècles dans cette région. Cependant, l'équipe a dû interrompre ses recherches avant d'achever l'exploration complète du site, faute de moyens financiers et de temps suffisant.
Un projet archéologique financé sur fonds propres
Cette campagne de fouilles illustre les défis rencontrés par la recherche archéologique en Côte d'Ivoire. Les enseignants ont financé le matériel de leur poche, tandis que les étudiants ont tous contribué financièrement pour participer à l'expédition. Un travail physique exigeant, réalisé sans l'aide de terrassiers professionnels.
Malgré ces contraintes, cette découverte ouvre de nouvelles perspectives pour la compréhension de l'histoire précoloniale de la Côte d'Ivoire. L'équipe espère pouvoir retourner sur le site pour poursuivre ses investigations et documenter plus complètement cette activité sidérurgique ancienne qui reste encore trop peu étudiée.



