Depuis 27 ans, Fabrice vit et raconte le château de Montségur
Fabrice Chambon, guide du château de Montségur depuis 27 ans

Depuis vingt-sept ans, Fabrice Chambon gravit chaque matin le sentier escarpé menant au château de Montségur, perché à 1 207 mètres d'altitude en Ariège. À 61 ans, ce guide passionné connaît chaque pierre, chaque recoin de cette forteresse cathare. « Je ne me dis pas "je vais bosser", je dis "je monte au château". Il y a pire comme façon de voir les choses », confie-t-il.

Une vocation née sur les fouilles

L'histoire d'amour de Fabrice avec Montségur commence à l'adolescence. À 16 ans, il accompagne son père sur le site. « Nous ne voyions rien, puis je me suis cogné contre le rempart. Il me surplombait, avec un côté mystique. Je me suis dit : "Ça y est, j'y suis". J'ai tout de suite adoré ce lieu », raconte-t-il. Le destin le ramène rapidement : ses parents, commerçants, connaissent un archéologue qui lui propose de participer à des fouilles pendant quinze jours. « C'était la découverte de ma vocation », affirme-t-il. Il obtient une maîtrise d'archéologie à Toulouse et travaille sur plusieurs chantiers. En 1999, Patrick Garnier, l'ancien guide du château, lui propose de le remplacer l'été. « Je n'en suis jamais reparti », sourit-il.

Le poids de l'histoire cathare et des légendes

Fabrice se nourrit de l'histoire riche du site : le drame du bûcher des cathares en 1244, les légendes du Graal, la période médiévale. « Elle est tellement fournie et très documentée », dit-il avec passion. En 2011, il obtient le diplôme de guide conférencier, nécessaire pour poursuivre. Depuis trois ans, il assume aussi le rôle de référent du site auprès de l'UNESCO. « J'ai rencontré mes confrères plusieurs fois à Carcassonne. Nous avons présenté nos sites comme patrimoine commun pour une reconnaissance », explique-t-il. Le classement UNESCO, annoncé dimanche dernier, est l'aboutissement de ce travail.

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Des travaux à venir et une retraite proche

À partir de septembre, des travaux de quatre mois sont prévus : stabilisation de l'escalier, création d'un belvédère, restauration de la tour. « Les visiteurs pourront profiter de la vue comme le faisaient les seigneurs de Montségur », se réjouit Fabrice. Mais lui pourrait ne pas voir la fin de ces travaux dans son rôle actuel. « Deux ou trois ans me séparent de la retraite. C'est un grand flou. J'aime prendre mon temps ici le matin, faire mes pauses dans la tranquillité », confie-t-il. Il a déjà formé sa successeure, Doriane Francheteau. « Montségur ne finira pas de me manquer. C'est énergivore, presque comme un partenaire de vie, vorace, avec qui nous sommes H24. Quand il part, ça finit par nous manquer. »

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