Emmanuel Kasarhérou : « Chaque génération reformule les récits qu'elle hérite »
Emmanuel Kasarhérou : « Chaque génération reformule les récits »

Emmanuel Kasarhérou, président du musée du quai Branly – Jacques Chirac, a livré une réflexion sur la manière dont les récits patrimoniaux se transforment au fil des générations. Dans un entretien récent, il affirme que « chaque génération reformule les récits qu'elle hérite », une vision qui éclaire la mission contemporaine des institutions culturelles.

Une transmission active et réinventée

Pour Kasarhérou, la transmission n'est pas une simple reproduction à l'identique. Les récits, qu'ils soient historiques, artistiques ou rituels, sont constamment réinterprétés par ceux qui les reçoivent. Cette reformulation est un processus naturel et nécessaire, qui permet aux cultures de rester vivantes et pertinentes.

Le président du musée insiste sur le rôle des institutions dans ce processus. Elles doivent non seulement conserver les objets et les histoires, mais aussi offrir des espaces où les nouvelles générations peuvent s'approprier ces héritages et les exprimer à leur manière. Cela implique un dialogue constant entre le passé et le présent.

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Le musée comme lieu de dialogue intergénérationnel

Kasarhérou évoque également la responsabilité des musées à l'ère de la mondialisation. Les collections, souvent issues de contextes coloniaux, doivent être repensées pour refléter les voix multiples et les perspectives contemporaines. La reformulation des récits devient alors un outil de réconciliation et de compréhension mutuelle.

Il cite l'exemple des expositions temporaires et des collaborations avec des communautés d'origine, qui permettent de confronter les regards et d'enrichir les interprétations. Cette approche participative est au cœur de la stratégie du musée du quai Branly, qui souhaite impliquer les publics dans la co-construction du savoir.

Un impact sur la politique culturelle

Cette philosophie a des implications concrètes pour la politique culturelle française. En encourageant la reformulation des récits, les institutions contribuent à une société plus inclusive et plus réflexive. Kasarhérou appelle à une « décolonisation des imaginaires », non pas pour effacer le passé, mais pour le questionner et le faire dialoguer avec les réalités d'aujourd'hui.

Le musée poursuit ainsi ses programmes de recherche, de médiation et de création contemporaine, avec l'objectif de toucher un public toujours plus large. Cette dynamique s'inscrit dans une réflexion plus vaste sur le rôle du patrimoine dans la construction des identités, à l'heure où les repères traditionnels sont bouleversés.

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