Un patrimoine local sauvé par la solidarité et l'engagement citoyen
À 600 mètres à l'est de la commune de Longèves, sur la D 109e2 en direction de Nuaillé-d’Aunis, se dresse le calvaire communal. Ce monument, qui avait littéralement vécu un calvaire au fil des années, présentait un état de dégradation avancé : le Christ noircissait, l'un des mollets était troué et le piédestal tombait en décrépitude. Depuis début mars, cette triste situation appartient définitivement au passé grâce à une initiative remarquable alliant générosité et bénévolat.
Une rencontre fortuite à l'origine du projet
L'histoire commence avec Armelle Ferrand, habitante de la commune voisine de Benon. « Une année, je revenais de La Rochelle où je travaillais pour rentrer par la RN 11 », raconte-t-elle. « À la suite d'un accident qui provoquait un bouchon, j'ai emprunté des routes de campagne qui m'ont fait traverser la commune de Longèves, quand soudain, ce n'est pas un aigle noir qui surgit, mais ce magnifique calvaire qui, par son isolement, dégageait de la pureté. »
Touchée par la beauté et la solitude de ce monument, elle décide d'agir. « En 2023, j'ai contacté la mairie pour apprendre qu'elle en était propriétaire et j'ai envoyé un chèque de 1 000 euros au maire pour participer à sa restauration. » Un geste généreux qui allait donner le coup d'envoi d'un projet de sauvegarde du patrimoine local.
Trois bénévoles se transforment en « chirurgiens » du patrimoine
En octobre dernier, Bruno Ferret, habitant de Longèves, a embarqué dans l'aventure deux autres résidents, Stéphane Memon et Remi Leger, pour restaurer l'édifice. « Nous avons étudié ce que l'on pouvait faire », explique Stéphane Memon. Leur travail minutieux et désintéressé a permis une transformation complète du calvaire.
Dominique Lecorgne, le maire de Longèves, ne cache pas son admiration : « Ce sont de vrais chirurgiens », précise-t-il. « Ils ont reconstruit le mollet, étincelé de nouveau la statue, un travail réussi qui, par sa couleur blanche au milieu du vert de la nature, me rappelle le cimetière américain de Normandie. »
Une restauration à coût modique pour un résultat exceptionnel
Le maire, pour qui cette cérémonie de restauration marque sa dernière mandature, souligne l'importance de cette initiative : « Armelle Ferrand est une belle rencontre car elle nous permet de sauver un patrimoine local par l'investissement d'habitants. » Il révèle également les économies réalisées : « J'ai demandé des devis qui s'élevaient entre 10 000 à 15 000 euros, ce n'était pas possible. Ce chantier n'atteint pas 1 500 euros. »
La cérémonie des vœux en janvier 2024 a été l'occasion d'honorer la généreuse donatrice. « J'ai été reçu comme une VIP », se souvient avec émotion Armelle Ferrand, dont le don initial de 1 000 euros a permis de lancer les travaux.
Cette restauration exemplaire démontre comment la mobilisation citoyenne, alliée à la générosité individuelle, peut préserver le patrimoine communal à moindre coût. Le calvaire de Longèves, désormais restauré dans sa blancheur originelle, continue de veiller sur la campagne environnante, témoin silencieux d'une belle aventure humaine et patrimoniale.



