Dans les archives : la genèse du vélodrome de Bordeaux-Lac en 1988
Le 26 février 1988 marque une date clé pour le sport à Bordeaux. À onze heures pile, un vendredi matin, le maire Jacques Chaban-Delmas, vêtu d'un imperméable mastic, arrive sur le site de Bordeaux-Lac. Il est accompagné d'une cohorte de personnalités politiques et sportives, dont Jacques Valade, son bras droit à la mairie et ministre de la recherche, le préfet Kaeppelin, Yves Lecaudey, vice-président du Conseil général, ainsi que de nombreux élus bordelais.
Un projet architectural d'envergure
Sur place, Roger Taillibert, l'architecte renommé du Parc des Princes, présente la maquette du futur vélodrome. C'est lui qui a dessiné ce nouvel équipement sportif, dont la première pierre est posée ce jour-là. Le chantier, situé à proximité des antennes sportives existantes, offre un espace dégagé et idéal, avec des possibilités importantes de parking.
Le nouveau vélodrome, dont les travaux avaient en réalité débuté dès le 17 décembre 1987, doit être opérationnel en février 1989. Cette construction répond à une promesse faite par Chaban-Delmas aux cyclistes après l'agrandissement du Stade municipal deux ans plus tôt, qui avait entraîné la destruction de la piste cycliste ceinturant l'aire de jeu.
Caractéristiques techniques et fonctionnalités
Le vélodrome présente des spécificités impressionnantes pour l'époque :
- Une piste en bois de moins de 250 mètres de longueur sur 7 mètres de largeur.
- 4 500 places de gradins sous une aire couverte de 12 000 mètres carrés.
- Un éclairage naturel grâce à un vaste lanterneau central à double paroi translucide, complété par des projecteurs de 400 lux braqués sur la piste.
- Une aire centrale aménagée pour la pratique de l'athlétisme, permettant d'accueillir indifféremment des réunions athlétiques ou des épreuves cyclistes de type Six Jours.
Les coureurs bénéficieront d'annexes modernes, incluant des vestiaires individuels, une salle de massage et de musculation, une infirmerie, une réserve de matériel et des sanitaires.
Financement et réalisation du chantier
Le coût total du projet s'élève à 86,5 millions de francs, répartis par quarts entre la région, le département, la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB) et la ville de Bordeaux, avec une subvention d'État de 10 millions de francs. Les travaux sont confiés à la société Borie SAE, représentée localement par la SOCAE Atlantique.
Le chantier nécessite des techniques spécifiques, comme le forage de pieux de 30 mètres en raison de la nature du terrain, démontrant l'ampleur des défis techniques relevés pour réaliser cette infrastructure sportive d'exception.
Ce vélodrome incarne ainsi un engagement fort de la municipalité bordelaise en faveur du sport et du patrimoine architectural, laissant une empreinte durable dans l'histoire collective de la région.



