Un amphithéâtre antique menacé par les eaux hivernales
Chaque année, avec l'arrivée de l'hiver, l'arène de l'amphithéâtre gallo-romain se transforme en un véritable lac, alimenté par les eaux pluviales et souterraines. Ce phénomène récurrent accélère dangereusement l'érosion des pierres millénaires, mettant en péril la conservation de ce précieux patrimoine archéologique.
Une troisième phase de travaux votée à l'unanimité
Lors de son ultime conseil municipal, le mercredi 11 février, l'assemblée a approuvé à l'unanimité le principe d'une troisième phase de travaux pour sauver l'amphithéâtre. Joël Terrien, l'adjoint aux travaux, a expliqué l'urgence de la situation : « Les deux premières phases ont permis de stabiliser les maçonneries et de maîtriser la végétalisation invasive. La troisième phase se concentre sur la résolution du désordre hydraulique. Sans intervention, l'érosion des pierres s'accélère irrémédiablement ».
Cette décision rapide vise à positionner la ville pour solliciter des partenaires financiers, notamment la Fondation du patrimoine et des subventions de l'État. Le projet, chiffré à 2 millions d'euros hors taxes, représente un investissement crucial pour l'avenir du site.
Des découvertes archéologiques exceptionnelles
Les investigations menées en 2021 ont révélé des éléments fascinants sur le système hydraulique originel. « Nous avons découvert des caniveaux périphériques recouverts de bois de chêne datant du Ier siècle de notre ère », a précisé Joël Terrien. Ces planches, particulièrement bien conservées selon les archéologues, ont nécessité une approche de conservation innovante.
Contrairement aux hypothèses initiales, l'eau ne s'écoulait pas uniquement par un égout central. Le système antique récupérait l'eau du parc des arènes, la faisait passer à travers l'amphithéâtre avant de l'acheminer vers la Charente.
Une solution technique ingénieuse
Pour préserver ces vestiges tout en résolvant le problème d'inondation, les ingénieurs ont conçu un système de drainage sophistiqué :
- Plusieurs couches de matériaux plus ou moins perméables installées au-dessus des structures antiques
- Un nouveau réseau de drainage qui capte l'eau et la dirige vers la porte des Vivants
- Une pompe de relevage importante qui traite l'eau avant de la renvoyer vers la rue des Bourguignons
- Une destination finale vers le parc des Arènes où une mare naturelle récupérera les eaux infiltrées
Cette approche permet de protéger les bois de chêne découverts tout en éliminant la stagnation hydrique qui menace l'intégrité du monument.
Une arène politique animée
Le débat technique n'a pas échappé aux considérations politiques. L'ancien maire Jean-Philippe Machon, candidat à sa propre succession, s'est félicité que les diagnostics réalisés sous son mandat (2017-2018) soient pris en compte. Une affirmation immédiatement contredite par Joël Terrien qui a rappelé que les marchés des lots 1 et 2 avaient été notifiés en novembre 2021.
« Le démarrage du chantier de l'amphithéâtre a démarré sous notre mandat et pas sous votre mandat à vous », a-t-il insisté, ajoutant : « Il s'avère qu'effectivement ce qui était prévu à l'origine ne s'appuyait pas sur des éléments concrets puisqu'il a fallu, en 2021, faire des fouilles de l'arena ».
Cette troisième phase de travaux représente donc non seulement une avancée technique majeure pour la conservation du patrimoine, mais aussi un enjeu politique local qui cristallise les tensions entre ancienne et nouvelle équipe municipale.



