L'Opéra Dordogne-Périgord (ODP) propose une cinquième édition participative, réunissant artistes professionnels et amateurs pour présenter « La Bohème » de Giacomo Puccini. La dernière semaine de répétitions bat son plein à l'Arena-Le Palio Périgord, à Boulazac-Isle-Manoire, près de Périgueux. Plus de 160 choristes, chanteurs solistes et musiciens peaufinent leur interprétation de cet opéra italien mythique, qui sera donné les samedi 25 et dimanche 26 avril.
Un projet participatif d'excellence
L'ODP, dirigé artistiquement par Chloé Meyzie depuis 2021, a pour objectif d'amener les amateurs au niveau d'excellence exigé par une production lyrique. Après « Carmen », « La Traviata », « West Side Story » et « Nabucco », cette cinquième édition perpétue la tradition du mélange des genres. Huit solistes, castés rigoureusement, sont d'envergure nationale, voire internationale, selon la cheffe d'orchestre.
Adrien Djouadou, ténor-basse, incarne les rôles de Benoît et d'Alcindoro. Déjà présent dans « Nabucco », il apprécie les valeurs de l'opéra participatif, où la population est impliquée dans le chœur et l'orchestre. « Ramener du monde à l'opéra, c'est bien », confie-t-il.
Un travail d'équipe intensif
Les amateurs se retrouvent tous les lundis depuis octobre pour chanter, et un week-end par mois pour la mise en scène. Les professionnels les rejoignent le dernier mois. « Quand les amateurs sont là, la séance est centrée sur eux, et nous reproduisons ce que nous avons travaillé pour qu'ils aient des repères », explique Adrien Djouadou. La dernière semaine, tous se réunissent quotidiennement pour les réglages techniques.
Catherine Flahaut, retraitée, a intégré le chœur lors de la troisième édition. « C'est un gros boulot personnel : deux heures de chorale tous les lundis, et des fichiers à travailler à la maison. D'octobre à avril, c'est quasiment tous les jours. Mais on progresse, et c'est gratifiant. Depuis que j'ai un pied dedans, je ne peux plus m'arrêter », témoigne-t-elle.
Pascal Binet, agent au service culture d'une collectivité, participe pour la troisième fois. « L'opéra me coûte une quinzaine de jours de congés. C'est intense, mais ponctuel. » Il évoque un « trou d'air » quand l'aventure se termine après des mois de préparation.
Un opéra total impliquant le territoire
L'opéra participatif, c'est aussi coopérer avec la population. 300 lycéens de Dordogne ont participé à la réalisation de l'événement : confection de charrettes en bois, fabrication des décors, création de vidéos, accueil des VIP et vente des programmes. La générale, ce vendredi 24 avril, leur sera dédiée.
À quelques jours de l'échéance, les derniers airs de violons résonnent dans le Palio. Les choristes ajustent leurs positions et mélangent leurs voix. « Personne ne sort avant d'avoir traversé la scène de long en large pour que le créateur lumière puisse terminer ses réglages », insiste Chloé Meyzie.



