Julien Duval réinvisionne La Flûte enchantée pour une coproduction franco-chinoise
Le metteur en scène et comédien Julien Duval propose une nouvelle mise en scène du dernier opéra de Mozart, La Flûte enchantée, pour une coproduction entre l'Opéra de Bordeaux et le Centre national des arts de la scène de Pékin. Bien qu'il partage son nom avec un coureur cycliste et un directeur de recherche au CNRS, Julien Duval est une figure du théâtre bordelais, ayant joué dans des spectacles de Catherine Marnas, ancienne directrice du TNBA de 2014 à 2023, et fondé la compagnie Le Syndicat d'initiative.
En novembre 2024, il avait déjà réalisé à l'Auditorium de Bordeaux une mise en scène joyeuse de l'opéra de Nino Rota Il Cappello di paglia di Firenze, dirigé par Salvatore Caputo. Cette nouvelle production marque une étape importante dans sa carrière, alliant créativité et sensibilité internationale.
Une approche poétique et universelle
Julien Duval définit sa version de La Flûte enchantée comme un univers poétique, loin des interprétations pesantes ou trop légères du passé. Il s'intéresse particulièrement aux trois âges de la vie évoqués dans l'œuvre, voyant les personnages suivre un parcours d'acceptation de la mort. Pour lui, l'adhésion de Mozart à la maçonnerie représente un humanisme et l'espoir que l'humain est perfectible, avec la conviction qu'en s'améliorant soi-même, on peut améliorer la société.
La coproduction franco-chinoise a eu une influence majeure sur sa démarche. De longs échanges avec la direction du National Center for the Performing Arts de Pékin l'ont conduit à chercher des représentations universelles de l'amour ou de la peur, notant que le chiffre 3 symbolise l'unité du monde dans toutes les cultures.
Adaptations du livret et intégration des parties parlées
En tant que singspiel, La Flûte enchantée comporte de longues parties parlées en allemand. Julien Duval explique qu'elles ont été conservées dans cette langue, en accord avec le chef d'orchestre Joseph Swensen et le directeur de l'Opéra Emmanuel Hondré, pour préserver la continuité de l'œuvre, malgré quelques coupures.
Face aux critiques de misogynie et de racisme dans le livret de Schikaneder, le metteur en scène a pris des mesures pour contextualiser l'œuvre. S'appuyant sur des travaux de l'Université de Cologne, il a modifié le texte : Monostatos n'est pas chanté par un Noir, et la phrase de Sarastro – « Son âme est aussi noire que son visage » – est supprimée. Il souligne que Sarastro et la Reine de la nuit ne sont pas aussi binaires que le bien et le mal, mais plus nuancés, tout en mettant en avant son premier but : valoriser la musique sublime de Mozart.
Représentations à Bordeaux
La production sera présentée au Grand-Théâtre de Bordeaux avec cinq représentations :
- Les 25, 27, 31 mars et 2 avril à 20 heures
- Le dimanche 29 mars à 15 heures
Les places sont sur liste d'attente, avec des billets à visibilité réduite à 10 € vendus une heure avant le lever de rideau. Cette initiative vise à rendre l'opéra accessible tout en célébrant une collaboration artistique internationale.



