Psalmus, un label dédié à la musique sacrée depuis Bordeaux
Faire vivre un label discographique depuis Bordeaux, c'est un défi, surtout lorsqu'il se consacre exclusivement à la musique sacrée. Pourtant, Psalmus relève ce pari depuis 2007, avec une cinquantaine de sorties à son actif et plusieurs projets en préparation. Jean-Marc Vié, délégué artistique et chanteur, explique cette aventure unique, qui défend des langages variés, du chant grégorien à la musique religieuse contemporaine, en passant par les messes de Corse ou de Syrie.
Une reconnaissance artistique internationale
Le dernier album, Semaine sainte à Mexico, enregistré par l'ensemble Vox Cantoris, exhume des musiques composées en Amérique centrale entre le XVIe et le XVIIIe siècle. Pour ce travail, Vox Cantoris a reçu cinq Diapasons, la note maximale du magazine éponyme, et quatre Étoiles du Monde de la musique. De même, l'ensemble Irini, distribué par Psalmus, a obtenu quatre ƒ de Télérama pour des polyphonies de la Renaissance ou du chant orthodoxe géorgien.
Une économie fragile mais un engagement sans faille
Malgré cette reconnaissance, la trésorerie reste précaire. Notre objectif est seulement d'atteindre l'équilibre économique, souligne Jean-Marc Vié. Psalmus fonctionne avec trois bénévoles, et toutes les recettes servent à payer les artistes. Le soutien du Conseil régional est crucial. La structure associative permet de prendre des risques artistiques, sans compromis, contrairement à une SARL.
Un champ artistique large et une qualité technique exceptionnelle
Psalmus couvre un millénaire de musiques, de Bach à Messiaen, avec une exigence technique élevée. Les albums sortent en CD avec un livret érudit, mais aussi en téléchargement haute résolution (24 bits/192 kHz) et en DSD, un format qui restitue quasiment le son réel, mettant en valeur les timbres et les nuances musicales.
Un public exigeant et international
Cette qualité attire 30 à 40 % de clients à l'étranger, notamment en Europe, aux États-Unis et au Canada, où les musiques anciennes européennes ont un vrai public. Beaucoup sont des audiophiles passionnés. Nous ne serons jamais millionnaires, mais ce n'est pas le but, conclut Jean-Marc Vié. Le label travaille pour ceux que la musique bouleverse, pas pour l'argent, avec une mission de partage de trésors méconnus.



