Naïka au Nice Jazz Fest 2026 : la Franco-Haïtienne enflamme la scène Masséna
Naïka enflamme le Nice Jazz Fest avec son tube One Track Mind

Jeudi 23 juillet 2026, Naïka a livré une prestation de haut vol sur la scène Masséna du Nice Jazz Fest. En pleine ascension, la Franco-Haïtienne portée par le tube « One Track Mind » a tout pour tutoyer les sommets. On l’a retrouvée en loges juste après son passage sur scène.

Une prestation électrisante pour la première soirée

« C’est un peu la magie du Nice Jazz Fest (NJF). On arrive à vous apporter les artistes que vous attendez, au moment où il faut », assurait Sébastien Vidal, le directeur artistique de l’événement, juste avant de laisser Naïka monter sur scène. L’an dernier, l’Anglaise Raye, superstar en puissance, avait fait l’une de ses deux seules apparitions sur le sol français ici.

En 2026, la belle surprise, à une échelle de notoriété moindre pour le moment, c’est donc cette Franco-Haïtienne de 31 ans née à Miami, qui a ensuite vécu entre la Guadeloupe, le Kenya, l’Afrique du Sud, les États-Unis et même le Vanuatu, au gré des mutations de son père. Énergique, charismatique, passant du français à l’anglais, puis au créole haïtien, Naïka a totalement embarqué le public de la scène Masséna jeudi soir, juste avant la venue très attendue de Sting.

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« One Track Mind » : un tube pas si évident

Il y a deux ans, la chanteuse avait franchi un premier pas en signant « 6:45 », son premier morceau ayant connu le succès. Après trois EP, elle a fini par présenter son premier album en février dernier, Eclesia. Depuis, tout s’est accéléré. Réussi et audacieux, le disque embarque « One Track Mind », un vrai hit, bombardé sur les radios et écouté 32 millions de fois sur Spotify.

« Je me souviens que j’ai mis mon casque, on avait la partie guitare enregistrée. J’ai fermé les yeux et j’ai commencé à chanter, c’est sorti tout seul, d’un trait. Quand j’ai rouvert les yeux, tout le monde était fou dans le studio. C’est là qu’on a su qu’on tenait quelque chose de très cool », sourit Naïka, lessivée après sa prestation niçoise. Le titre, dont deux versions remix, avec Kalash et Jessie Reyez viennent de sortir, n’a pourtant rien de si évident.

Outre le fait qu’il mêle trois langues, il termine par du kompa. Un genre haïtien très en vue en 2026 à l’international, mais pas encore totalement popularisé en France. « Depuis le début de ma carrière, je fais des choses qui ne sont pas évidentes. J’ai un peu l’habitude que les gens ne sachent pas trop où me placer. Ce qui compte, c’est de faire ce que j’aime, ce que je sens, ce qui me représente et qui me fait me sentir bien », appuie-t-elle.

Une « citoyenne du monde » parfois déboussolée

Sur Eclesia, une autre chanson retient l’attention. « What a Day ! », avec sa mélodie entraînante et ses chœurs solaires, a l’apparence d’une douceur à écouter sur la plage. Elle évoque pourtant la situation chaotique au Congo et « les enfants qui meurent en Palestine ». « Je suis fière de ce titre, qui peut être analysé de façons différentes. L’ambiance musicale qui tranche avec des paroles plus fortes, c’est justement pour représenter ce sentiment de contraste quand on regarde le monde. Il y a quelque chose d’ironique. »

Puisqu’elle parle du vaste monde et de ses tourments, on demande à Naïka de revenir sur un terme qu’elle a employé lors d’une prise de parole sur scène : in between, soit « entre les deux » dans la langue de Molière. « J’ai longtemps eu le sentiment d’être chez moi à la fois partout et nulle part. Des fois, je suis bien dans mes baskets, très confiante, très à l’aise. D’autres fois, je me sens confuse, un peu perdue. Parce qu’en tant qu’être humain, on a besoin de sentir qu’on appartient à une tribu. Maintenant, mon port d’attache, ce sont les gens que j’aime, ma famille et mes amis. »

Entourée de proches et de femmes fortes

Dans le lot, il y a beaucoup de gens qui l’accompagnent aujourd’hui dans cette ascension artistique. « Ce qui m’arrive, c’est incroyable. Et c’est encore plus fort pour moi de vivre tout ça avec mes amis. J’étais à l’école avec deux tiers de mes musiciens et ma manageuse. Le fait de pouvoir faire ce que ce qu’on aime et de voyager partout avec notre musique, c’est magique. »

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Lors d’une interview pour le magazine Marie-Claire Belgique, Naïka élargissait le spectre des personnes l’ayant inspirée dans sa vision. Elle citait Rihanna, Beyoncé ou Angelina Jolie en tant que modèles féminins. Mais la première place dans son cœur était réservée à sa mère, « une force de la nature » l’ayant poussée à s’affirmer. « Je suis constamment inspirée par des femmes, que ce soit dans mon entourage ou dans mon équipe, où on est 95, sinon 98 % de femmes. »