Le 26 mai 2026, Miles Davis aurait eu 100 ans. Pour célébrer ce centenaire, Jazz à Juan propose deux soirées exceptionnelles les 17 et 18 juillet. L'occasion de revenir sur les quatre concerts mythiques du trompettiste américain dans la pinède Gould, à Antibes-Juan-les-Pins, entre 1963 et 1984. Ces apparitions racontent la perpétuelle réinvention d'un génie musical.
27 juillet 1963 : premier rendez-vous au Festival mondial du jazz
Le 27 juillet 1963, Miles Davis se produit pour la première fois à Juan-les-Pins, lors de la quatrième édition du Festival mondial du jazz. À cette époque, le musicien n'a pas encore acquis sa renommée mondiale. Pourtant, les organisateurs lui réservent un accueil exceptionnel : une immense affiche à son effigie est placardée dans les rues de la ville. Sur scène, il impressionne avec son quintet composé de George Coleman, Herbie Hancock, Ron Carter et le jeune Tony Williams, âgé de seulement 17 ans. Le concert donne naissance à l'album Miles in Europe, également connu sous le nom de Miles à Antibes, publié en 1964. Des versions des Feuilles mortes, Milestones ou So What figurent parmi les trésors des archives du festival.
1969 : le mythique Lost Quintet
En juillet 1969, Miles Davis revient à Juan-les-Pins avec un nouveau groupe : Wayne Shorter, Chick Corea, Dave Holland et Jack DeJohnette. Ce quintet, surnommé le Lost Quintet, n'a jamais enregistré en studio, ce qui le rend d'autant plus mythique. Heureusement, l'ORTF capte les concerts des 25 et 26 juillet, et ces enregistrements sont publiés en 1993 sous le titre 1969 Miles : Festiva de Juan Pins, avant d'être rapidement retirés de la vente. Ce concert préfigure l'album Bitches Brew, qui ouvrira l'ère de la fusion jazz-rock. Les locaux se souviennent aussi de l'arrivée spectaculaire de Miles, vêtu d'un maillot panthère sur la plage, exigeant une Cadillac rose pour parcourir les quelques mètres entre son hôtel et la pinède.
1973 : le virage électrique
En 1973, Miles Davis pousse encore plus loin ses explorations électriques. Les improvisations s'étirent, les rythmes deviennent hypnotiques, le funk s'invite. Une partie du public est déroutée, mais Miles avance sans se retourner. Sa capacité à se réinventer est le fil rouge de sa carrière, malgré les problèmes de santé et les addictions.
1984 : dernière apparition à Juan-les-Pins
En juillet 1984, à 58 ans, Miles Davis refuse de vivre sur ses acquis. Il se produit avec Bob Berg au saxophone, John Scofield à la guitare, Darryl Jones à la basse, Steve Thornton aux percussions et Al Foster à la batterie. Le jazz dialogue avec le funk et la pop, une nouvelle mue. Un dernier chapitre aurait pu avoir lieu en 1990 pour le trentième anniversaire du festival, mais des complications contractuelles avec la Grande Parade du Jazz de Nice font capoter le projet.
Les célébrations du centenaire en 2026
Pour sa 65e édition, Jazz à Juan consacre deux soirées à Miles Davis. Le 17 juillet, Marcus Miller présente We Want Miles !, un projet célébrant l'héritage du maître avec des morceaux du concert japonais de 1981 et des classiques couvrant près de quarante ans de carrière. Le 18 juillet, le trompettiste Erik Truffaz et le saxophoniste-chanteur flamenco Antonio Lizana proposent une relecture contemporaine de Sketches of Spain, album emblématique de Miles Davis. Concerts dès 35 euros. Renseignements sur jazzajuan.com.



