Michel Polnareff se produira le 18 juillet 2025 à Jazz à l'Hospitalet, festival fondé par Gérard Bertrand sur les hauteurs du Massif de la Clape, à Narbonne. Dans un entretien accordé à Midi Libre, le chanteur de 80 ans revient sur sa « Derrière tournée », son 11e album « Un temps pour elles », sa santé, et livre des confidences sur sa vie personnelle et artistique.
Des retrouvailles avec le public très attendues
« On a commencé à Londres, Bourges, Bordeaux, Bruxelles, notamment, et l'ambiance est extraordinaire, l'accueil est fabuleux ! C'est un grand plaisir de retrouver mon public, et ça, c'est numéro un pour moi », confie Polnareff. Il précise que sa tournée n'est en aucun cas une tournée d'adieux, contrairement à ce qu'ont pu laisser entendre certains articles : « Ce ne sont pas du tout des adieux ! Ce sont des retrouvailles avec la scène. En espérant que ça dure le plus longtemps possible… »
Un clin d'œil à 1972
Le nom de la tournée, « Derrière tournée », fait référence à l'affiche controversée de 1972 où il posait nu de dos. « C'est un clin d'œil entre le public et moi-même, on se connaît depuis un peu de temps et je voulais être sûr qu'on ne pense pas que c'est la dernière tournée », explique-t-il.
Retour après une grave maladie
Polnareff revient sur sa double embolie pulmonaire en 2016 : « Quand vous êtes à l'hôpital américain et que le docteur vous dit “si vous n'étiez pas venu, vous seriez mort demain matin”, je pense que c'est assez clair. » Il affirme que ces ennuis de santé sont désormais derrière lui.
Jazz à l'Hospitalet : une programmation exceptionnelle
Le festival Jazz à l'Hospitalet, qui célèbre la musique et le vin, accueille cette année Texas le 15 juillet, Ibrahim Maalouf et « Trumpets of Michel-Ange » le 16 juillet, Earth Wind & Fire (Experience by Al McKay) le 17 juillet, Michel Polnareff le 18 juillet, et Christophe Maé le 19 juillet. Gérard Bertrand, fondateur du festival, qualifie cette programmation de « plus belle programmation en vingt-deux ans ». Deux formules sont proposées : dîner dégustation de vins à la belle étoile et concert, ou concert seul.
Son fils Louka et ses goûts musicaux
Interrogé sur son fils Louka, 14 ans, Polnareff révèle : « Il écoute Metallica, Led Zeppelin et moi aussi je pense, mais en secret, parce qu'il est pudique. Il n'écoute pas du rap. » Lui-même apprécie le rap, citant Eminem et Orelsan.
Le dernier mythe de la chanson française
Considéré comme une icône, Polnareff évoque ses propres modèles : « Paul Anka, Elvis Presley, les Stones, Mark Knopfler… Toute une série de gens m'ont inspiré. Et je suis vraiment heureux d'en inspirer d'autres. »
Un 11e album important : « Un temps pour elles »
« C'est un album important dans ma carrière, je me suis prouvé à moi-même que je pouvais encore aller de l'avant. Et je l'adore, j'ai mis beaucoup de moi, j'ai fait une jonction entre le cœur et les tripes », explique-t-il. L'album célèbre l'amour et l'amitié, avec un titre au singulier, « Un temps pour elle », qui fait référence à une relation vécue et durable.
Sexcetera et la liberté sexuelle
À propos de son titre « Sexcetera », qui aborde le genre et l'identité sexuelle, Polnareff déclare : « Pour moi, le principal, c'est que la sexualité soit libre dans tous les domaines. C'est-à-dire que, tant qu'on ne touche pas aux enfants, on fait ce qu'on veut. »
Critique des écrans et de la non-communication
Le titre « Tu ne m'entends pas » dénonce les modes de communication actuels gangrenés par les écrans. « Quand on est avec quelqu'un, ou dans une relation de couple, il y a une non-communication. Mais il ne faut pas penser France, États-Unis, c'est un problème mondial : les gens ne se parlent pas », analyse-t-il.
Précurseur technologique et refus de l'IA pour la musique
Polnareff, qui a investi internet dès les années 1990, a créé un avatar pour répondre aux questions de ses fans. « Je suis content d'avoir été un précurseur avec cet avatar, mais il faut qu'on l'améliore », précise-t-il. Concernant l'intelligence artificielle dans la musique, il est catégorique : « On s'en est servi pour des vidéos, mais je ne l'utilise absolument pas pour la musique, il n'y a pas d'IA du tout, pas un centimètre et il n'y en aura jamais. » Sa voix sur l'album n'a donc pas été retouchée par l'IA.
Une construction musicale en opposition à son père
Fils d'un compositeur d'Édith Piaf, Polnareff a appris le piano classique sous la contrainte. « Je suis parti à 18 ans et j'ai décidé de faire exactement tout le contraire. Je sortais du conservatoire, j'ai décidé de désapprendre », raconte-t-il. Aujourd'hui, il apprécie d'avoir des cordes sur scène : « Elles amènent une dimension supérieure, magnifique. »
Le mystère et la légende
Interrogé sur le mystère qui entoure sa vie, il répond : « Si je le cultive, j'espère qu'il pousse (sourire). Non, ce n'est pas intentionnel, vraiment. Je vis ma vie et je sais que de temps en temps, on pense que je ne suis plus là. Mais je suis toujours là et je suis encore une fois très heureux et très fier de ce que j'ai fait. Et de ce que je vais faire. »
Les lunettes, signature indissociable
« Souvent en privé je ne les mets pas. Mais sur scène je les mets parce que je veux qu'on soit sûr que c'est moi ! » confie-t-il.
Regard sur la France et les États-Unis
Vivant en Californie, Polnareff porte un regard lucide sur la France : « La nourriture, les vins que je vais redécouvrir vers chez vous, la mode, les belles filles, rien n'a changé. » À propos de Donald Trump, il déclare : « Trump est dans tous ses états, mais pas en Californie. Et j'habite la Californie. Il ne m'inquiète pas du tout. Et je pense qu'un changement était nécessaire, c'était important. Jusqu'à présent, j'ai l'impression que je n'ai pas tort. » Interrogé sur un éventuel retour en France, il répond : « Je ne sais pas, mais je me pose la question, pourquoi pas… »



