Kungs, 10 ans après 'This Girl' : Retour sur un parcours et annonce de l'album 'Out Loud'
Kungs : 10 ans après 'This Girl', nouvel album 'Out Loud'

Kungs : Une décennie de succès et un nouvel album 'Out Loud'

Les dix premières secondes de « This Girl » suffisent à replonger une décennie en arrière. Sorti en 2016, ce titre de Kungs est rapidement devenu un phénomène mondial, propulsant le jeune DJ français sur les scènes internationales. Originaire de Toulon, l'artiste n'a jamais vraiment quitté les platines depuis. Dix ans plus tard, il fait son grand retour avec « Out Loud », un album très attendu prévu pour le 13 mars, poursuivant son exploration entre disco, électro et énergie club.

Des débuts obsessionnels et une passion dévorante

À écouter Kungs raconter ses débuts, on comprend vite que la musique n'a jamais été un simple passe-temps pour lui. « J'étais complètement obsédé », avoue-t-il, presque en riant. Adolescent à Toulon, il passait ses journées à penser à ses sets, ses remixes et aux morceaux qu'il postait en ligne. « Je rentrais de cours et la première chose que je faisais, c'était de la musique. »

À 15 ans, ses amis lui offrent son premier contrôleur DJ, un geste qui change tout. Très vite, il commence à mixer dans des soirées privées. « J'arrivais avec tout mon matériel : enceintes, platines, machine à fumée… et je faisais la soirée de 20 heures à 4 heures du matin. » Mais ce qu'il attendait vraiment, c'étaient les dernières minutes de la nuit, où il pouvait enfin jouer ses propres morceaux. « À la fin, je m'amusais à passer les titres sur lesquels je travaillais », raconte-t-il. À l'époque, il postait ses remix sur SoundCloud, dans une scène électro en pleine explosion. « Quand je voyais les likes et les commentaires arriver, c'était hypermotivant. »

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L'apprentissage acharné et le rêve devenu réalité

La suite ressemble presque à un récit d'initiation. Installé à Aix-en-Provence pour ses études, qu'il abandonnera rapidement pour se consacrer à la musique, Kungs découvre le club Le Mistral. Il n'y connaît personne, mais ose aller voir les DJ résidents. « Je leur ai dit : je veux apprendre à mixer sur de vraies platines. » Ils acceptent de le laisser utiliser le matériel, à condition qu'il vienne quand le club est vide : « Je mettais mon réveil à 3 heures du matin pour aller mixer », se souvient-il. « Pour moi, c'était le rêve. »

'This Girl' : Le titre qui a tout changé

2026 serait-il le nouveau 2016 ? Difficile de ne pas penser à cette année-là en entendant « This Girl », le tube planétaire qui a propulsé Kungs sur le devant de la scène. Pourtant, au moment où le morceau explose, le DJ français ne réalise pas vraiment ce qui est en train de lui arriver. « Dans mon appartement à Aix-en-Provence, fenêtre ouverte, j'entendais le titre passer dans les voitures. C'est là que j'ai compris ce qui se passait : le son était vraiment partout. Je regardais souvent la carte Shazam et j'ai vu la musique partir du sud de la France pour se propager partout dans le monde. »

Le succès de ce titre est fulgurant. À 18 ans, il se retrouve à jouer devant des milliers de personnes et assure même les premières parties de David Guetta. « Ma première date, c'était à Bercy, devant 17.000 personnes », raconte-t-il. « C'était impressionnant, mais surtout complètement irréel. » « This Girl » est peut-être le tournant de sa vie, qui s'est alors emballée. « Lors de ma première tournée mondiale, je ne suis pas rentré chez moi pendant trois mois », se souvient-il. Brésil, États-Unis, Indonésie, Australie, Canada… Les destinations s'enchaînent. « C'était n'importe quoi. Mais c'était fou. » Pour ce jeune DJ fasciné par la scène électronique, tout semble soudainement possible. « J'ai grandi à Toulon. Jamais je n'aurais imaginé que ce monde s'ouvrirait à moi. »

La création comme refuge et l'approche artistique

Derrière les tournées, il y a pourtant un autre espace essentiel pour lui. « Je fais de la musique tout le temps », explique-t-il. « Je n'arrête jamais de produire. » Son nouvel album, « Out Loud », attendu le 13 mars, s'inscrit dans la continuité de son précédent disque, « Club Azur », mais avec peut-être un peu plus de « maturité ».

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« Dans cet album, je ne voulais pas me mettre de limites. Je pense qu'aujourd'hui, un album est un peu plus éphémère qu'avant, donc autant en profiter pour y mettre des choses qu'on n'aurait pas forcément mises plus tôt. » Il s'autorise surtout à ne pas réfléchir aux tendances. À l'ère de TikTok et des tubes viraux, Kungs refuse d'adapter sa musique aux logiques d'algorithme. « Je pense que c'est la pire chose à faire », affirme-t-il. « Si tu réfléchis trop à ça, tu perds la spontanéité de la création. »

La genèse de 'Out Loud' : Un processus créatif long et méticuleux

Dans « Out Loud », Kungs poursuit cette exploration entre disco, électro et énergie club. Mais la naissance de l'album ne s'est pas faite en quelques semaines. Au contraire. Certaines idées traînaient dans ses dossiers depuis longtemps : « Tout est parti de 'Galaxy', le morceau avec Theophilus London », raconte-t-il. « C'est une démo qui est dans mon ordi depuis cinq ans. Je n'avais jamais réussi à trouver l'artiste pour chanter dessus. Je suis allé à New York, on a enregistré ensemble. Et je me suis dit : allez, on va faire l'album autour de ça. »

Certains titres de ce nouvel album sont pensés pour la scène. C'est notamment le cas de « Get Away », sa collaboration avec Boys Noize. « C'est mon morceau préféré de l'album », confie-t-il. « Il y a un truc super évident, super festif, super joyeux. » Mais derrière l'apparente évidence des morceaux, la fabrication peut être longue. Très longue même. « Get Away, je pense qu'on a fait une soixantaine de versions », raconte-t-il. Le titre est né à partir d'un sample tiré d'un vieux vinyle des années 1980. « On est parti d'un petit bout d'a capella de Shannon. Ensuite on a construit tout le morceau autour. »

Ce travail de sampling fait partie intégrante de la création musicale de Kungs. « Le sample, pour moi, c'est un art. Des œuvres incroyables ont été faites comme ça. » Il cite notamment Daft Punk, qu'il considère comme des références absolues dans ce domaine. Et si l'album a été finalisé dans son studio, il a surtout été conçu en mouvement. « Il a été fait en voyage, sur la route », explique-t-il. « Un peu partout dans le monde. »