Kenny Garrett électrise le Festival Radio-France et reçoit la médaille des Arts et Lettres
Kenny Garrett électrise le Festival Radio-France

Le saxophoniste américain Kenny Garrett a enflammé l'amphithéâtre d'O à Montpellier dimanche 12 juillet, lors du 41e Festival Radio-France, avec un concert de plus de deux heures mêlant jazz, rhythm'n'blues et soul. À l'issue de la performance, il a reçu la médaille de Chevalier des arts et lettres des mains de Michel Orier, directeur du festival.

Un concert généreux et imprévu

Quatre jours après Charles Lloyd, le festival accueillait une seconde légende du saxophone. Kenny Garrett n'est pas venu avec la formation attendue : sa chanteuse Melvis Santa était absente de la tournée, et son contrebassiste Corcoran Holt a été remplacé par Eric Wheeler. Si l'absence de la vocaliste s'est fait sentir (les interventions vocales de Garrett souffraient d'un volume trop faible), le groupe a compensé par une énergie débordante.

Dès le premier morceau, It's time to come home, le batteur a impressionné par un drumming virtuose et tellurique, assis très bas devant une batterie aux toms basses élargis. Le percussionniste Rudy Bird a contribué au chant murmuré, tandis que Keith Brown au piano a gambadé sous le bombardement rythmique, laissant Kenny Garrett survoler l'ensemble depuis les hauteurs de son alto à la logorrhée fluide et véloce.

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Un set articulé autour de l'album Sounds from the ancestors

Le concert a puisé dans l'album de 2021, Sounds from the ancestors, offrant à Garrett l'occasion de saluer ses premiers maîtres Art Blakey et Miles Davis, d'invoquer John Coltrane et de rendre hommage à Roy Hargrove. Ces références étaient inscrites dans les morceaux à un niveau atomique, sans didactisme ni pédanterie, et se déployaient au gré des interventions des musiciens.

Le morceau When the days were different a convoqué l'allégresse de Stevie Wonder, pleine d'âme, parfaitement adaptée à la tonalité du saxophoniste. Garrett a métissé son jazz post-bop d'influences gospel, rhythm'n'blues, soul et funk, avec un plaisir évident sur scène, jusque dans son balancement.

Un rappel festif et dansant

Après plus d'une heure et quart, Garrett a invité des spectateurs à le rejoindre sur scène pour un rappel. Il a relancé le thème, improvisé et encouragé chacun avec un « Do your dance ! », déclenchant une gigue collective. La coda s'est prolongée, les musiciens dansant à leur tour tandis que le batteur maintenait un rythme démoniaque. Le concert s'est achevé sur un funk dans le pur style des JB's, après plus de deux heures de musique.

« C'est rare et c'est chouette ! » a commenté le public, qui a fini par danser dans tout l'amphithéâtre. Dans la foulée, une cérémonie dans la pinède du Domaine d'O a permis à Michel Orier de remettre à Kenny Garrett la médaille de Chevalier des arts et lettres. Le saxophoniste a quitté le site avec le sourire, tout comme le public.

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