Jean Fauque, parolier d'Alain Bashung pour les tubes "Osez Joséphine" et "Ma petite entreprise", a élu domicile à Frontignan en 2018. À l'occasion de la Fête de la musique, il revient sur son parcours et ses collaborations avec les plus grands noms de la chanson française.
De Brassens à Bashung : les débuts d'un troubadour
Jean Fauque, 75 ans, confie avoir été troubadour dans une autre vie. Les artistes qui ont marqué son enfance et son adolescence sont Georges Brassens, Johnny Hallyday, Christophe, Michel Polnareff et Jacques Dutronc. S'il n'écrira jamais pour Brassens, son premier coup de cœur, il prêtera sa plume à Johnny, Christophe, Dutronc ou encore Vanessa Paradis après avoir connu le succès avec Alain Bashung.
"Dans ce métier, la meilleure des cartes de visite, c'est un succès. Après, on vient vous chercher", sourit le parolier. La révélation a lieu à cinq ans, devant le pick-up paternel, avec la chanson "Le Parapluie" de Brassens. "J'ai littéralement craqué pour cette chanson. C'est une histoire d'amour qui n'a pas lieu. Lelouch en aurait fait un film de trois heures", plaisante-t-il.
La rencontre avec Alain Bashung
À 18 ans, il quitte les Deux-Sèvres pour Paris. Il court les auditions dans les cabarets de la rive gauche, sans jamais convaincre. Après 1968, la mode est aux chansons engagées, les siennes ne le sont pas. "J'avais le feu sacré, alors je me suis acharné. La journée, je faisais des petits boulots, le soir, je composais dans ma chambre de bonne."
La rencontre avec l'attachée de presse d'une maison de disques le met sur la bonne voie. En mars 1975, un éditeur le met en contact avec Alain Bashung. "Quand je l'ai vu arriver, coiffé d'une banane, avec son perfecto, son jean serré et ses boots, j'ai pensé que ce type appartenait au passé. Moi, j'étais encore dans le style de la fac de la Sorbonne, cheveux longs et veste en peau de mouton." Ils découvrent qu'ils sont voisins et deviennent très vite amis.
De "Béret basque et bottes de cuir" à "Osez Joséphine"
Rêvant toujours d'être auteur, compositeur et interprète, Jean Fauque sort en 1983, sous le pseudo de Janot, "Béret basque et bottes de cuir", qui fait un hit sur Fréquence Gay. "Ils ont dû penser qu'il y avait un truc SM dans ma chanson", s'amuse-t-il. Ne vivant toujours pas de ce métier, il se lance dans l'écriture de romans historiques à la demande de son ami Jacques Roseau. Deux romans, Le 13e convoi et Le 113e été, paraissent chez Robert Laffont.
À la fin des années 1980, tenté de tout arrêter, il écrit quelques textes poétiques en guise de baroud d'honneur. Alain Bashung revient le voir et lui demande des textes. Trois de ses textes sont retenus sur l'album Novice. Puis vient "Osez Joséphine" (1991), le succès que l'on connaît, suivi de "Ma petite entreprise" sur l'album Chatterton, et "La nuit je mens" sur Fantaisie militaire.
Une carrière riche et une retraite créative à Frontignan
Grâce à ces succès, Jean Fauque écrit pour Carole Laure, Isabelle Boulay, Marc Lavoine, Patricia Kaas, Art Mengo, Alizée, Luz Casal… avant de se lancer comme interprète sur l'album 13 Aurores, avec des pianistes de jazz. Installé depuis 2018 à Frontignan-Plage avec son épouse, la chanteuse Lizzy Ling, il finalise un nouvel album et travaille sur ses mémoires. "Dernièrement, j'ai été sollicité pour écrire des chansons, mais cela m'intéresse moins aujourd'hui." La "poule pondeuse de chansons", comme il se qualifie, s'est calmée, sans cesser d'écouter de la musique, toujours sensible à la belle écriture et à la loufoquerie. Troubadour toujours.



