Une légende du free-funk s'éteint
Le monde de la musique est en deuil. James Blood Ulmer, guitariste et chanteur américain, pionnier du free-funk, est mort à l'âge de 84 ans. Sa famille a annoncé la nouvelle ce vendredi, sans préciser la cause du décès. Né le 2 février 1940 à St. Matthews, en Caroline du Sud, Ulmer a marqué l'histoire du jazz et de la musique expérimentale par son style unique, mêlant blues, funk et free jazz.
Un parcours hors normes
James Blood Ulmer a commencé sa carrière dans les années 1960, jouant avec des légendes du blues comme Hank Ballard ou les Soul Brothers. Mais c'est dans les années 1970 qu'il se fait véritablement connaître, en collaborant avec des figures du free jazz telles qu'Ornette Coleman et Art Blakey. Sa rencontre avec Coleman est déterminante : il intègre le Prime Time Band, où il développe un langage guitaristique personnel, fait de dissonances, de rythmes syncopés et de phrasés bluesy.
En 1978, il sort son premier album solo, Tales of Captain Black, qui pose les bases de ce que l'on appellera le free-funk. Ce style hybride, caractérisé par des rythmes funk puissants et une liberté harmonique héritée du free jazz, devient sa marque de fabrique. Des albums comme Are You Glad to Be in America? (1980) ou Free Lancing (1981) confirment son génie créatif.
Un artiste inclassable
James Blood Ulmer n'a jamais cessé d'explorer. Dans les années 1990, il se tourne vers le blues, avec des albums comme Blues Allnight (1994) ou Live at the Village Vanguard (1998). Il n'hésite pas non plus à expérimenter avec l'électronique, comme sur Bad Blood in the City (2007). Sa discographie, riche de plus d'une vingtaine d'albums, témoigne d'une curiosité insatiable et d'une volonté de repousser les frontières musicales.
Sa voix rauque et son jeu de guitare incisif ont influencé des générations de musiciens, de Vernon Reid (Living Colour) à John Zorn. Il laisse derrière lui un héritage immense, celui d'un artiste libre, inclassable, qui a su mêler les genres avec une aisance déconcertante.
Un hommage unanime
Les hommages affluent sur les réseaux sociaux. Le guitariste Bill Frisell a salué « un des plus grands, un son unique, une âme profonde ». Le saxophoniste David Murray a évoqué « un frère de musique, un pionnier ». Le monde du jazz perd l'un de ses derniers grands visionnaires.
James Blood Ulmer laisse dans le deuil son épouse, ses enfants et une multitude de fans. Sa musique, elle, continue de vibrer.



