Gillian Anderson : son film queer au cinéma pour des séances limitées
Gillian Anderson : son film queer en salles pour peu de temps

Le film Teenage Sex And Death At Camp Miasma, de Jane Schoenbrun, lauréat de la Queer Palm au dernier Festival de Cannes, ne sera visible que lors de séances exceptionnelles à partir de ce jeudi, à Paris et en région. Le public disposera donc de peu de temps pour découvrir ce long-métrage sur grand écran.

Une sortie limitée pour un film primé à Cannes

Le jury de la Queer Palm, présidé par Anna Mouglalis et Thomas Jolly, justifie sa récompense sur le site officiel : « Le cinéma est un outil puissant - les films colonisent nos imaginaires - parfois malgré nous, parfois contre nous - ils peuvent aussi être le lieu de leur propre réparation. » Cette déclaration accompagne la sortie d'un titre évocateur, dont la traduction française annonce « Sexe et mort d'adolescents au Camp des miasmes ».

L'intrigue suit une jeune cinéaste mal à l'aise dans son corps qui part à la rencontre d'une ancienne actrice du cinéma d'horreur des années 1980. Cette dernière a connu une brève heure de gloire grâce aux Camp Miasma, une saga fictive librement inspirée des Vendredi 13 et autres « slashers » populaires de cette époque. Fiction et réalité s'entremêlent tandis que les deux femmes entament une relation cinématographique, et plus si affinités.

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Un duo féminin éblouissant entre sang et sensualité

« Hannah Einbinder incarne la première “final girl” d'une nouvelle génération tandis que Gillian Anderson, en “final girl” originelle éblouissante, est une icône pour plusieurs générations », insiste le jury. Gillian Anderson, plus éblouissante que jamais, initie sa jeune partenaire en l'aidant à sortir d'une épaisse coquille de frustration. Le duo est étonnant de naturel et de sensualité, s'éloignant pour le meilleur des icônes de nombreux classiques du cinéma d'horreur.

Franck Finance-Madureira, président et fondateur de ce prix LGBTQIA+ créé en 2010, souligne : « C'est beau cette relation entre ces femmes, l'une jeune, l'autre plus expérimentée. Je trouve vraiment chouette de mettre en avant une femme d'âge mûr qui parle librement de désir et de sexe. » Cette liberté de ton, dans le fond comme dans la forme, réjouit durablement les organisateurs du prix.

Un film queer qui célèbre le cinéma d'horreur

« C'est très fondamentalement le film le plus queer qu'on ait vu à Cannes parmi les vingt-deux que nous avions sélectionnés », confirme Franck Finance-Madureira. On imagine difficilement plus référentielle et plus ouverte que cette comédie gore qui célèbre l'amour du cinéma et l'amour tout court. Le film met en scène Little Death (« Petite mort »), un tueur en série au nom évocateur et au masque en forme de grille d'aération, qui réserve bien des surprises sanglantes.

Jane Schoenbrun, à qui l'on devait déjà le très remarqué I Saw The TV Glow, ne crache ni sur l'hémoglobine ni sur la sensualité pour évoquer la peur, mais aussi le désir féminin et lesbien. « Dans les années 1990, il y avait un petit ras-le-bol de se dire qu'il fallait toujours qu'une lesbienne ou un gay meure à la fin du film, ça fait du bien de voir une œuvre comme Camp Miasma qui se termine bien et où l'homosexualité n'est plus un sujet », insiste Franck Finance-Madureira.

Un divertissement pour tous les publics

Camp Miasma amusera probablement davantage les fans de films d'horreur, qui en saisiront tout le sel et prendront un malin plaisir à reconnaître les nombreux clins d'œil et autres « easter eggs ». « C'est un film qui s'adresse à tout le monde et notamment des gens pas forcément queers mais qui ont un peu la culture de tout ça », tempère Finance-Madureira. Le film se distingue également par sa beauté visuelle et une bande-son d'enfer, ce qui ne peut que recommander sa découverte au cinéma.

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