À seulement 17 ans, Monroe Vata Rigby, connue sous le nom de Monroe, est la plus jeune représentante de la France à l'Eurovision. Elle participe à la 70e édition du concours, qui se déroule à Vienne, en Autriche, avec sa chanson « Regarde ! ». La jeune chanteuse figure parmi les favorites, occupant la 5e place chez les bookmakers à une semaine de la finale, bien qu'elle ait été deuxième dans certains pronostics en mars.
Un parcours fulgurant
Monroe s'est révélée au grand public en remportant l'édition 2024 de l'émission « Prodiges » dans la catégorie chant lyrique. Lors de la finale, elle a impressionné le jury avec l'air virtuose de la Reine de la Nuit de « la Flûte enchantée » de Mozart. Soprano confirmée, elle allie avec brio tradition lyrique et pop contemporaine.
Origines et influences
Née en 2008 d'une mère française originaire de la République démocratique du Congo et d'un père américain, Monroe a grandi dans l'Utah, près de Salt Lake City. C'est dans la chorale de son église qu'elle fait ses premiers pas dans la musique. Catholique pratiquante, elle évoque régulièrement sa foi, confiant au magazine « le Pèlerin » : « C'est à l'église que j'ai commencé à chanter, dans ma petite ville de Brigham City. C'est là que j'ai compris la puissance de la musique, capable de créer des liens entre les gens, mais aussi entre le ciel et la terre. »
Passionnée par tous les univers musicaux, Monroe revendique des influences éclectiques, de la mezzo-soprano Cecilia Bartoli à Céline Dion. Son premier album, « Prodiges », sorti en novembre 2025, contient des reprises prestigieuses comme « l'Hymne à l'amour » d'Édith Piaf ou « Berghain » de Rosalía, ainsi que des classiques lyriques comme l'« Ave Maria » et le « Duo des fleurs » de l'opéra « Lakmé ».
« Regarde ! » : un titre qui divise
La chanson « Regarde ! », entre pop et envolées lyriques avec une ambiance épique, ne fait pas l'unanimité. Pour Alexandra Redde-Amiel, cheffe de la délégation française, « c'est un véritable hymne à l'amour, un cri du cœur ». En revanche, l'avocat et chroniqueur Charles Consigny a qualifié la chanson de « cauchemardesque » et son clip d'« atroce » sur RMC.
Une tournée sacrée
En parallèle de l'Eurovision, Monroe est engagée dans une tournée consacrée à la musique sacrée. Elle se produira dans une vingtaine d'édifices religieux à travers la France, de la cathédrale de Béziers à l'église Saint-Joseph d'Angers, en passant par l'église Saint-Sulpice à Paris le 19 mai.
Un espoir de victoire pour la France
Si Monroe remportait l'Eurovision à Vienne, ce serait un véritable exploit pour la France, qui n'a plus gagné le concours depuis 1977 avec Marie Myriam et « l'Oiseau et l'enfant ». Quarante-neuf ans d'attente pour espérer voir le drapeau bleu-blanc-rouge s'imposer à nouveau.



