Comment la Formule E transforme l'avenir des voitures électriques
Formule E : l'avenir des voitures électriques en course

Loin de n’être qu’un spectacle de course, le Monaco E-Prix organisé par la Formule E s’affirme comme un banc d’essai pour définir les mobilités présentes et futures. L’une de ses raisons d’être. Du circuit à la route, cette série créée en 2014 a apporté son lot d’innovations et de promesses, inspirant les constructeurs et autres entreprises autour des mobilités propres.

Des transferts de technologie du circuit à la route

« Il y a des transferts de technologie. Ce qu’on développe sur circuit se retrouve sur les routes du quotidien », amorce Julia Pallé, directrice du développement durable de la Formule E, à l’occasion d’un cycle de conférences entre experts à Sophia Antipolis.

Des exemples, elle en a à foison. « La Nissan Leaf a pu augmenter de 200 % la capacité de sa batterie depuis qu’ils sont en Formule E grâce à l’apprentissage de la batterie que le constructeur a fait en Formule E. De même que Jaguar qui a augmenté de 10 % la capacité de sa batterie grâce à une mise à jour de son logiciel sur le modèle I-Pace », avance-t-elle.

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Des constructeurs qui s’inspirent de la compétition

Il en va de même pour l’écurie Mahindra Racing, commercialisant ses véhicules électriques en Inde. « Si nous, constructeurs, voulons gagner… nous voulons également pouvoir nous servir de ce que la Formule E met en place pour développer des moteurs électriques performants pour nos voitures via la batterie commune exigée par le championnat. On s’inspire et on échange en permanence avec la FE sur les différentes technologies apportées par la compétition », affirme Laurie Clog.

Par ailleurs, Mahindra Racing, comme d’autres écuries en lice, recycle des éléments de sa monoplace de FE pour les intégrer à ses voitures urbaines.

La recharge rapide, un problème bientôt résolu

À terme, notamment grâce à la technologie du pit boost démocratisée à l’échelle du sport automobile par la Formule E, Julia Pallé pense que la charge des véhicules électriques sera rapidement « un problème du passé ». « Nous démontrons que nous pouvons recharger 10 % d’une batterie d’une monoplace en seulement 30 secondes. Cela donne une idée de ce que nous allons bientôt retrouver sur nos routes », fait-elle remarquer.

La Formule E, les constructeurs et la Fédération internationale de l’automobile (FIA) notamment, par l’intermédiaire de son pôle recherche et développement, réfléchissent constamment aux usages de demain. Sans faire l’impasse sur la performance. « On lance des questionnaires, on travaille avec les constructeurs, on veut savoir dans quelle direction ils veulent aller pour ces prochaines années », ponctue Vincent Gaillardot, responsable technique de la FIA.

Quelle place pour l’intelligence artificielle ?

Et l’avenir de la mobilité passe en grande partie par l’intelligence artificielle. « Nous avons utilisé l’IA pour battre un record homologué par le Guinness Book il y a deux ans. Elle nous a permis de battre un record de vitesse à l’intérieur d’un bâtiment, dans un environnement fermé. Avec notre partenaire IA Google Cloud, on a pu optimiser notre vitesse », assure Julia Pallé.

En outre, l’IA est également essentielle dans l’optimisation des logiciels des véhicules permettant « des gains de performance importants » dans les usages. Constamment projetée vers la prochaine innovation à exploiter, la Formule E envisage d’introduire dès que possible l’automatisation des monoplaces à certains moments, comme en sortie de pit-lane. Car pour elle, « l’IA va être un fondamental de la mobilité de demain ».

En attendant, la FE présentera pour la saison 2026-2027 sa monoplace électrique la plus aboutie : la « Gen4 ».

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