Le guitariste et chanteur cubain Elíades Ochoa, légende vivante de la musique cubaine et figure emblématique du Buena Vista Social Club, sera en concert au Broc Festival le 27 juin prochain. À l'approche de ses 80 ans, il conserve une énergie débordante et parcourt le monde avec sa tournée Como Nunca World Tour.
Des racines paysannes à la scène internationale
Né dans une ferme isolée, à cinq kilomètres du village le plus proche, Elíades Ochoa n'a jamais oublié ses origines. Son dernier album, Guajira, dont le titre signifie « paysan » en espagnol, rend hommage à cette enfance rurale. « Tout ça est toujours présent aujourd'hui », confie-t-il. « J'écoutais sans cesse la musique de ma famille et des voisins après les longues journées de travail. Un jour, j'ai pris une guitare et j'ai réalisé que je jouais de vraies notes. Mes parents m'ont alors intégré au cercle musical. Aujourd'hui encore, sur scène, je pense à mon père avec son tres, à ma sœur qui chantait... »
Le Buena Vista Social Club : un passeport pour le monde
Elíades Ochoa est resté passionné par le son cubain et ses rythmes populaires, qu'il a su faire évoluer en les mêlant à des influences contemporaines. Il est devenu l'un des meilleurs ambassadeurs de la musique cubaine à travers le monde. À bientôt 80 ans (son anniversaire est le 22 juin), il a toujours envie de jouer. Sa tournée mondiale, lancée en mars à Ségovie (Espagne), le mènera au Broc Festival le 27 juin.
Le Buena Vista Social Club, dont il était l'un des piliers, lui a ouvert toutes les portes à la fin des années 1990. « Ce groupe réunissait des artistes avec des décennies d'expérience et d'histoire », résume-t-il. Dans un entretien à Télérama en 2023, il évoquait le concert au Carnegie Hall en 1998 : « Les Cubains de la diaspora sont venus de tous les États-Unis. C'était la première fois que notre drapeau était déployé dans une salle new-yorkaise. Les gens pleuraient en écoutant la musique de leur jeunesse. » Un Grammy Award en 1997 et le documentaire de Wim Wenders (Buena Vista Social Club, 1999) ont consacré le groupe, dont Ochoa est désormais le seul musicien encore en activité.
« Chan Chan », un tube éternel
Parmi les morceaux emblématiques du Buena Vista Social Club, Chan Chan a servi de « carte de visite », selon le fondateur Ry Cooder. Composé par Compay Segundo en 1984, le titre a connu plusieurs vies. En 1987, Segundo demanda à Ochoa d'arranger la chanson et de l'intégrer à son répertoire. « C'est ce que j'ai fait, et c'est devenu un succès international », raconte Ochoa. En 2015, Chan Chan résonna à la Maison Blanche lorsque Barack Obama invita le groupe pour marquer le rapprochement entre les États-Unis et Cuba.
Le surnom de « Johnny Cash cubain »
Interrogé sur le cap des 80 ans, Ochoa répond : « Ce qui compte, c'est de célébrer ! J'ai envie de jouer, de partager de la joie avec le public, avec ma guitare spéciale. » Cette guitare, dotée de deux cordes supplémentaires pour se rapprocher du son du tres, lui donne un son unique. Avec son Stetson et sa gratte, il a hérité du surnom de « Johnny Cash cubain ». « Je l'accepte volontiers. On parle d'un artiste qui a marqué l'histoire de la musique. Je ne peux que dire merci. »
La première partie du concert sera assurée par Nina Papa. Renseignements sur www.facebook.com/lebrocfestival/. Également à l'affiche du Broc Festival : Brooklyn Funk Essentials le 26 juin (première partie : Stéfane) et Groundation le 28 (première partie : Micael Sene).



