En 1950, sur les pentes du volcan Stromboli, une rivalité aussi explosive que le cratère lui-même oppose deux icônes du cinéma : Anna Magnani et Ingrid Bergman. Cette jalousie, alimentée par l'amour du réalisateur Roberto Rossellini, a marqué l'histoire du septième art.
Les origines de la rivalité
Roberto Rossellini, figure majeure du néoréalisme italien, avait déjà collaboré avec Anna Magnani dans des films comme Rome, ville ouverte (1945). Leur relation professionnelle et personnelle était intense. Mais en 1949, Rossellini rencontre Ingrid Bergman, actrice suédoise de renom, et tombe éperdument amoureux. Il lui écrit une lettre passionnée, et ensemble ils tournent Stromboli (1950).
Pour Magnani, cette trahison est insupportable. Elle considère Bergman comme une intruse, non seulement dans la vie de Rossellini mais aussi dans le cinéma italien. Selon des biographes, Magnani aurait déclaré : « Elle est venue nous voler notre Rossellini et notre cinéma. »
Le tournage sous tension
Le tournage de Stromboli se déroule dans des conditions difficiles, sur une île volcanique isolée. La tension entre les deux actrices est palpable. Bergman, habituée aux productions hollywoodiennes, peine à s'adapter au style de Rossellini, qui privilégie le réalisme et l'improvisation. Magnani, de son côté, suit le tournage de loin, rongée par la jalousie.
Un incident célèbre illustre cette rivalité : Magnani aurait lancé une malédiction sur le couple, prédisant que leur amour ne durerait pas. Effectivement, le mariage de Bergman et Rossellini, célébré en 1950, se termine par un divorce en 1957.
L'héritage de cette jalousie
Cette rivalité a contribué à la légende des deux actrices. Magnani, surnommée « la Lupa » (la Louve), incarne la passion italienne, tandis que Bergman représente l'élégance scandinave. Leur conflit a été immortalisé dans plusieurs ouvrages et documentaires.
Selon l'historien du cinéma Gian Piero Brunetta, « cette jalousie a non seulement influencé leurs carrières respectives, mais a aussi marqué un tournant dans le cinéma italien, opposant deux conceptions de l'art dramatique ». Aujourd'hui encore, l'histoire de leur rivalité fascine les cinéphiles.



