Prisma Media annonce un plan social massif : 279 licenciements dont 90 journalistes
Prisma Media : 279 licenciements dont 90 journalistes annoncés

Un séisme dans l'univers de la presse magazine française

Le groupe Prisma Media, leader incontesté de la presse magazine en France, a annoncé un plan de restructuration d'une ampleur inédite. Ce lundi 30 mars 2026, les représentants du personnel ont été informés de la suppression de 261 postes, ce qui représente environ 40% des effectifs totaux du groupe. Selon des informations obtenues auprès de la CGT, ce plan pourrait finalement entraîner jusqu'à 279 licenciements pour motif économique, dont 90 postes de journalistes, sur un total de 650 emplois recensés au 31 janvier 2026.

Une direction marquée par l'influence Bolloré

Cette annonce intervient dans un contexte particulier, six mois seulement après la reprise du groupe par des proches du milliardaire Vincent Bolloré. Depuis septembre 2025, la direction éditoriale de Prisma Media est assurée par Serge Nedjar, qui occupe également la fonction de patron de la chaîne d'information CNews. Parallèlement, Gérald-Brice Viret, vice-président du groupe, est aussi directeur général de Canal+ France, créant ainsi des liens étroits entre différents médias du paysage audiovisuel français.

Des réactions syndicales immédiates

Emmanuel Vire, délégué syndical CGT du groupe, n'a pas mâché ses mots en qualifiant cette annonce de « vrai carnage ». Une assemblée générale du personnel était prévue dans l'après-midi du 30 mars, durant laquelle Gérald-Brice Viret devait s'exprimer. Une première réunion d'information-consultation du comité social et économique (CSE) est programmée pour le vendredi 3 avril 2026, marquant le début des discussions sociales autour de ce plan de restructuration.

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Des titres emblématiques menacés

Prisma Media édite de nombreux magazines phares du paysage médiatique français, notamment :

  • Capital
  • Geo
  • Femme Actuelle
  • Voici
  • Télé Loisirs

Le groupe a également intégré début décembre les titres Ici Paris et France Dimanche, rachetés à CMI France, société contrôlée par Daniel Kretinsky. Certaines déclinaisons et hors-séries sont appelées à disparaître, comme Geo Histoire et Femme Actuelle Jeux, témoignant d'un recentrage des activités éditoriales.

Une troisième vague de départs en deux ans

Ce plan constitue la troisième vague de départs annoncée au sein du groupe en seulement deux ans, depuis que Prisma Media est sous le contrôle du milliardaire conservateur depuis 2021. En décembre 2025, le groupe avait déjà évoqué un plan de départs volontaires qui devait initialement toucher un tiers des salariés, soit une proportion moindre que celle finalement annoncée.

Des engagements de reclassement

Dans le document officiel transmis aux instances représentatives du personnel, Prisma Media s'engage à « faire tout ce qui est en son pouvoir pour limiter l'incidence du plan sur l'emploi de ses collaborateurs ». Le groupe précise qu'il mobilisera les moyens du groupe Louis Hachette, propriétaire de Prisma, pour favoriser le reclassement des salariés dont les postes seraient supprimés.

Un contexte de restructuration industrielle

Prisma Media fait partie du groupe Louis Hachette, né fin 2024 de la scission de Vivendi, dans un mouvement plus large de recomposition du paysage médiatique français. Sollicitée par l'AFP, la direction de Prisma a indiqué qu'elle réagirait ultérieurement à cette annonce, laissant planer le doute sur les modalités exactes de mise en œuvre de ce plan social d'envergure.

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