Dans le deuxième volet de la série « L’Europe, esclave numérique des États-Unis ? », le podcast « Le code a changé » de France Inter donne la parole à Thomas Le Bonniec, doctorant en sociologie à l’Institut polytechnique de Paris et ancien lanceur d’alerte. Il dénonce la surveillance de masse exercée par les géants américains du numérique et s’oppose au projet de règlement européen « Omnibus numérique », qu’il considère comme une soumission au capitalisme de surveillance.
Un ancien lanceur d’alerte chez Apple
En 2019, Thomas Le Bonniec a travaillé pour un sous-traitant d’Apple, chargé d’analyser des enregistrements captés par des assistants vocaux. « Ce n’est pas juste Apple, c’est aussi Amazon, Microsoft... C’est déjà une manière de normaliser la surveillance de masse », affirme-t-il. Selon lui, ces pratiques sont généralisées et banalisées par les grandes entreprises technologiques américaines.
Plaidoyer pour les logiciels libres
Pour s’affranchir de cette dépendance, Thomas Le Bonniec plaide pour les logiciels libres, qui permettraient à l’Europe d’ « auditer, modifier et entretenir ces logiciels de manière autonome ». Il estime que cette solution est essentielle pour garantir la souveraineté numérique européenne.
Démantèlement des géants du numérique
Déplorant la passivité de l’UE, il évoque l’enquête antitrust menée aux États-Unis contre Google et s’interroge : « Peut-être serait-il temps d’envisager de démanteler ces entreprises. » Cette solution est également défendue par l’ancien ministre grec des Finances Yánis Varoufákis, rappelle Xavier de La Porte, journaliste et animateur du podcast.
Le podcast « L’Amérique, colon digital » est disponible sur Radiofrance.fr/franceinter, dans l’émission « Le code a changé », d’une durée de 25 minutes.



