Des parlementaires saisissent l'Arcom pour des propos racistes sur CNews visant le maire de Saint-Denis
Plusieurs parlementaires ont annoncé, samedi 28 mars, saisir l'Arcom, le régulateur de l'audiovisuel et du numérique, pour des propos jugés racistes tenus par un intervenant de CNews à l'encontre du nouveau maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Cette action intervient après une séquence diffusée vendredi soir sur la chaîne, où le psychologue Jean Doridot a comparé le maire à un singe lors d'un débat sur ses premiers jours de mandat.
Une comparaison aux "grands singes" dénoncée comme raciste
Durant l'émission, Jean Doridot a déclaré : "Maintenant c'est important de rappeler que l'homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu – nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus – il y a un chef qui a pour mission d'installer son autorité." Ces propos, qualifiant indirectement Bally Bagayoko de chef de tribu et le reliant à des primates, ont été vivement critiqués par les élus.
Mathilde Panot, cheffe des députés insoumis, a dénoncé sur les réseaux sociaux un racisme crasse et décomplexé, affirmant que le maire était comparé à un singe et à un chef de tribu. Elle a ajouté : "Énième confirmation que cette chaîne est un cloaque raciste." Le sénateur communiste Ian Brossat et la députée écologiste Léa Balage El Mariky ont également annoncé des signalements à l'Arcom, soutenant le maire face à ces attaques.
Contexte de polémique autour du maire de Saint-Denis
Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis élu sous l'étiquette La France insoumise, se trouve au cœur de plusieurs controverses récentes. Il a notamment déclaré que les fonctionnaires en désaccord avec le projet politique de la ville "partiront", précisant qu'il s'agirait d'une mobilité naturelle. Le ministre de l'Action et des Comptes publics, David Amiel, lui a rappelé par courrier qu'il ne pouvait se séparer d'agents pour des raisons politiques.
Cette affaire s'ajoute à d'autres débats, comme sa volonté de désarmer les policiers municipaux, qui a suscité des demandes de mutation parmi les agents. La direction de CNews, contactée par l'AFP, n'a pas répondu immédiatement aux demandes de commentaires sur les propos incriminés.
Réactions politiques et implications pour la régulation des médias
Les parlementaires saisissent l'Arcom dans un contexte où les discours médiatiques sont de plus en plus scrutés pour leur conformité aux valeurs républicaines. Cette action vise à sanctionner des propos perçus comme discriminatoires et à rappeler les responsabilités des chaînes de télévision en matière de lutte contre le racisme.
Les élus insistent sur la nécessité de protéger les personnalités publiques, surtout issues de la diversité, contre les attaques verbales. Cette affaire pourrait relancer le débat sur le rôle de l'Arcom dans la régulation des contenus audiovisuels et numériques, en particulier dans un climat politique tendu.



