Une audition sous haute tension à l'Assemblée nationale
L'atmosphère était électrique, ce mercredi 1er avril 2026, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. L'animateur de télévision et de radio Nagui, convoqué devant la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, a lancé une charge virulente contre son rapporteur, le député ciottiste Charles Alloncle. Dès les premières minutes, il l'a accusé de l'avoir "jeté en pâture" et d'avoir mis sa famille en danger avec des "insinuations" sur ses revenus.
Plainte pour cyberharcèlement et menaces croisées
Nagui a immédiatement annoncé avoir déposé plainte contre X pour cyberharcèlement "fin janvier, début février 2026". Il s'est dit victime d'une campagne de haine déclenchée, selon ses dires, par une interview de Charles Alloncle fin 2025. Dans un climat déjà tendu, le député a répliqué en affirmant être lui aussi victime de "menaces de mort" à cause de la réponse publiée par Nagui sur les réseaux sociaux.
Des accusations au conditionnel qui font polémique
Lors de son interview controversée, le député UDR avait nommément mis en cause l'animateur, le désignant comme "la personne, sur les dix dernières années en France, qui s'est le plus enrichie sur l'argent public". Il avait ajouté, en parlant au conditionnel, que "ça se compte en centaines de millions" d'euros, faisant allusion aux émissions produites par Nagui sur France Télévisions. Le député a également rappelé la polémique des "animateurs-producteurs" des années 1990, où le nom de Nagui avait été cité.
L'animateur dénonce des conséquences graves
"Votre intuition, comme vous dites, a déclenché à mon encontre des injures, des menaces, des incitations à porter atteinte à mon intégrité physique, le tout avec de nombreux messages racistes", a dénoncé Nagui, visiblement très remonté. Il a ajouté : "Je protège ma famille, je vis avec des agents de sécurité [...] vous mettez ma famille en danger". L'animateur a aussi pointé du doigt ce qu'il considère comme une confusion entre chiffre d'affaires et bénéfices dans les déclarations du député UDR, parti allié du Rassemblement National.
Le contexte financier et médiatique
Nagui, l'un des plus célèbres animateurs français, est salarié de France Inter pour l'émission quotidienne La bande originale. Sa société Air Productions, rachetée en 2008 par le géant de l'audiovisuel Banijay, produit également le jeu quotidien N'oubliez pas les paroles pour France Télévisions. En 2020, Mediapart avait révélé un contrat de 100 millions d'euros entre France Télévisions et cette société pour la production de plusieurs émissions sur trois ans, dont N'oubliez pas les paroles et Taratata.
Cette audition mouvementée met en lumière les tensions persistantes autour du financement de l'audiovisuel public et des rémunérations des personnalités médiatiques, dans un contexte politique déjà inflammable.



