L'interview de Lavrov par Léa Salamé jugée 'complaisante' et 'dangereuse' par les experts
L'interview de Lavrov par Salamé critiquée comme 'dangereuse'

Une interview controversée de Sergueï Lavrov par Léa Salamé déclenche une tempête médiatique

L'interview du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, réalisée par la présentatrice Léa Salamé et diffusée jeudi 26 mars 2026 sur France 2, a provoqué une vague de critiques acerbes de la part des spécialistes de géopolitique. Jugée "complaisante" et "dangereuse", cette séquence de dix minutes est accusée d'offrir une plateforme à la propagande russe sans la contradiction nécessaire, soulevant des questions sur les responsabilités du service public audiovisuel.

Une diffusion en prime time sous le feu des critiques

Enregistrée à distance avec M. Lavrov depuis Moscou, l'interview a été intégrée au journal télévisé de 20 heures de France 2, attirant 3,4 millions de téléspectateurs selon Médiamétrie. Une version longue d'une heure a également été mise en ligne sur le site franceinfo.fr. Les sujets abordés incluaient les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine, le soutien russe à l'Iran, ainsi que les relations entre la Russie, la France et l'Union européenne.

Dimitri Minic, spécialiste de la Russie à l'Institut français des relations internationales (Ifri), a dénoncé sur le réseau social X une "séquence catastrophique sur le service public", qualifiant l'entretien d'"inutile, mal préparé et, au final, dangereux". Il a averti que si les équipes de France Télévisions sous-estiment la lutte informationnelle, elles doivent comprendre que Moscou en a fait une arme centrale dans sa guerre contre l'Occident.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des accusations de manque de rigueur journalistique

Etienne Marcuz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, a fustigé cette "interview honteuse" durant laquelle un ministre d'une puissance adverse a pu dérouler ses éléments de langage en prime time sur la principale chaîne publique française, presque sans contradiction. Antoine Bondaz, un autre analyste, a renchéri en affirmant que ce n'était pas une interview exigeante, mais une plateforme offerte à la propagande russe pour diffuser son récit.

Louis Duclos a reproché à Léa Salamé de ne pas avoir relancé M. Lavrov sur les crimes de guerre présumés de la Russie en Ukraine, citant des exemples comme Boutcha, Marioupol, Izioum, ou les safaris en drone à Kherson. Il s'est indigné de l'absence de questions sur les tortures de civils et les viols d'enfants, des accusations graves qui n'ont pas été abordées.

Un contexte de tensions au sein de France Télévisions

Sollicitée par l'AFP, la direction de France Télévisions n'avait pas réagi dans l'immédiat à ces critiques. Cette polémique survient dans un contexte de remous au sein du groupe public, où Philippe Corbé a remplacé Alexandre Kara à la direction de l'information en janvier 2026, suite à plusieurs bourdes journalistiques. Parmi celles-ci, une confusion entre les circonstances de la mort des professeurs Dominique Bernard et Samuel Paty dans les journaux télévisés de France 2, présentés par Julian Bugier et Léa Salamé.

Cette affaire soulève des interrogations plus larges sur l'équilibre entre le devoir d'informer et les risques de manipulation dans un paysage médiatique de plus en plus polarisé. Les réactions unanimes des experts suggèrent que cette interview pourrait marquer un tournant dans le débat sur le rôle des médias publics face aux puissances étrangères hostiles.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale