Dans son éditorial publié le 15 septembre 2026, Lionel Paoli s'adresse à un correspondant anonyme qu'il a surnommé « Majuscule ». Ce sobriquet lui vient de la pratique de cet inconnu : signer ses courriels d'injures sans jamais révéler son identité. Paoli lui dédie un texte complet, mêlant ironie et introspection, tout en lui demandant de ne pas cesser son envoi de messages haineux.
Un portrait dressé à partir de messages anonymes
L'éditorialiste explique qu'il ne connaît pas le véritable nom de son interlocuteur, mais qu'il croit le deviner. Selon lui, « Majuscule » incarne une certaine vision de l'histoire de France, marquée par la nostalgie d'une époque qu'il ne définit jamais précisément. Ce correspondant semble convaincu que le pays est en déclin depuis la Révolution et que « c'était mieux avant ».
Paoli relève également les réactions de son interlocuteur face à ses prises de position. Il évoque notamment l'agacement de « Majuscule » lorsque l'éditorialiste critique Donald Trump, qualifié par l'anonyme de « meilleur président que les États-Unis aient jamais eu », ou Vladimir Poutine, présenté comme un « homme de paix » répondant aux « provocations ukrainiennes ». Le journaliste mentionne aussi le mépris de son correspondant pour les « merdias », à l'exception de la chaîne qui tourne en boucle dans son salon.
Des injures personnelles et des contradictions assumées
L'éditorialiste révèle que sa vie sexuelle préoccupe son correspondant. « Majuscule » lui conseille souvent d'aller se « faire enc… » par divers individus ou animaux. Paoli note avec ironie que cet expéditeur se dit « au-dessus des partis », tout en souhaitant visiblement lui couper les siennes.
Le journaliste avoue écrire parfois en anticipant les réactions de son interlocuteur. Il sourit en imaginant le nombre de points d'exclamation qui ponctueront ses réponses. Il le devine aussi « un peu contorsionniste », lui qui reproche aux dirigeants de ne pas avoir anticipé les effets du dérèglement climatique, alors qu'il niait ce phénomène avant l'été.
Une utilité paradoxale pour l'éditorialiste
Lionel Paoli conclut son éditorial en demandant à « Majuscule » de ne jamais renoncer à ses courriels gorgés de haine. Il explique que ces messages lui permettent, à lui qui est « si rarement en accord avec lui-même », de savoir vers quelle pente il s'interdit de glisser. Cette déclaration finale transforme la relation conflictuelle en un outil de réflexion personnelle pour le journaliste.



