Figure locale bien connue d'Antibes, le journaliste Jean-Pierre Lamouroux s'est éteint à l'âge de 88 ans. Amoureux du jazz et de la Méditerranée, il avait choisi la cité des remparts pour s'installer définitivement, face à la mer. Sa tignasse blanche hirsute, ses allures de Pierre Perret et son vélo d'un autre âge sur lequel il faisait ses courses chaque matin dans le Vieil Antibes resteront dans les mémoires.
Un parcours marqué par l'engagement
Né à Paris, Jean-Pierre Lamouroux commence sa carrière à l'ORTF comme preneur de son avant de se reconvertir en journaliste. En mai 1968, il participe aux combats pour une information plus libre. Il aimait raconter les grèves de l'audiovisuel public, les plateaux figés, les rues en ébullition, les étudiants et les ouvriers en colère, mais surtout cette volonté partagée de conquérir une liberté de ton et d'expression. De ses expériences, il gardait un regard profondément humaniste sur le monde. Derrière sa discrétion se tenait un homme engagé, convaincu que la culture, la musique, l'information et l'art sont au cœur de la liberté humaine.
C'est au sein de l'ORTF qu'il rencontre sa future épouse Colette, une collègue monteuse. Ils auront une fille, Karine.
Mémoire sonore des festivals de la Côte d'Azur
Jean-Pierre Lamouroux aimait la mer. Il profite de la décentralisation de la chaîne pour entrer à FR3 Côte d'Azur. La Méditerranée va développer son amour pour le jazz. Il devient rédacteur, dès sa création, du journal Jazzophone. « Jean-Pierre écrivait comme il écoutait : avec attention, générosité et un infini respect pour les artistes », disent de lui ses compagnons de route. Il a accompagné avec constance et ferveur l'actualité du jazz de la Riviera, des clubs intimistes jusqu'aux grandes scènes internationales. Pendant des années, son mythique magnétophone Revox sous le bras, il collectait les enregistrements de Jazz à Juan ou du Nice Jazz Festival, constituant une mémoire sonore des festivals azuréens.
Ses amis Catherine Lioult et Jean-Marc Michel, de France Télévision, se souviennent de Jean-Pierre comme d'un feu follet présent sur tous les fronts : « Un personnage multifonction qui savait tout faire : le bricolage, la cuisine, la mécanique, un touche-à-tout ! »
Artiste amoureux de la mer
Il était le doyen du club de l'Association plongée d'Antibes. « Plongeur passionné et amoureux des fonds marins, il avait organisé l'émission Plongée de nuit, dit de lui l'un des membres du bureau. C'était sa philosophie : le monde du silence. Ça lui ressemblait. Un personnage discret qui s'exprimait dans son musée, sa maison antiboise, où il réalisait ses chefs-d'œuvre. C'était aussi un rigolo, plein de cagades ! »
Rue Gazan, c'est sous l'œil attentif de son aide de famille depuis une trentaine d'années, la petite Saba, que Jean-Pierre Lamouroux confectionnait ses œuvres. « Jean-Pierre était un personnage attachant qui n'aimait que le rouge, témoigne-t-elle. D'ailleurs, il repeignait ses chaussures en rouge à la bombe, et mangeait des steaks tartares. La disparition de son épouse Colette a été terrible pour lui. C'était un bon vivant, qui n'aimait pas l'hiver car, investi par le soleil. Il va nous manquer ! »
Les obsèques de Jean-Pierre Lamouroux seront célébrées demain, à 9h30, au crématorium de Cannes.



