L'Arcom saisi après des propos controversés sur CNews visant le maire de Saint-Denis
Arcom saisi après propos sur CNews visant le maire de Saint-Denis

L'Arcom confronté à un nouveau signalement concernant CNews

Le régulateur de l'audiovisuel et du numérique, l'Arcom, se retrouve une nouvelle fois dans l'obligation d'examiner des propos diffusés sur CNews, la chaîne d'information du groupe médiatique de Vincent Bolloré. Cette affaire intervient après une séquence particulièrement controversée diffusée vendredi soir en prime time.

Une comparaison animale qui fait polémique

Lors d'un débat consacré aux premiers jours de mandat de Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis - ville que la chaîne qualifie régulièrement de "laboratoire" de La France insoumise - le psychologue Jean Doridot, intervenant habituel de CNews, a tenu des propos qui ont immédiatement suscité l'indignation.

Interrogé sur la stratégie du nouveau maire, le psychologue a déclaré : "Sûrement qu'il y a un peu de ça. Maintenant c'est important de rappeler que l'homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu - nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus - il y a un chef qui a pour mission d'installer son autorité."

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Il a poursuivi son analyse en affirmant : "Et là, ce qui se révèle avec l'élection de Monsieur Bally Bagayoko à Saint-Denis, c'est que ça rappelle quand même qu'un maire dans une commune a énormément de pouvoir."

Des réactions politiques immédiates et cinglantes

La réaction politique n'a pas tardé. Mathilde Panot, députée de La France insoumise, a dénoncé sur le réseau social X un racisme "crasse et décomplexé" envers ce maire né dans les Hauts-de-Seine de parents maliens. "Sur CNEWS, le maire de Saint-Denis Bally Bagayoko est comparé à un singe et à un 'chef de tribu'", s'est-elle indignée, pointant du doigt ce qu'elle considère comme une analogie raciale inacceptable.

Le sénateur communiste Ian Brossat a abondé dans ce sens, qualifiant la chaîne de "cloaque raciste" et annonçant un "nouveau signalement" à l'Arcom. "Énième confirmation que cette chaîne est un cloaque raciste", a-t-il écrit, soulignant le caractère répétitif de ce type d'incidents.

La députée écologiste Léa Balage El Mariky a également réagi avec virulence sur X : "Poubelle-news encore en boucle dans son racisme contre les nouveaux maires et précisément contre Bally Bagayoko. Signalement à l'ARCOM immédiat. Soutien Monsieur le Maire face à ce racisme crasse." Ses propos témoignent de l'exaspération croissante d'une partie de la classe politique face aux contenus diffusés par la chaîne.

Le contexte d'un débat sur les pouvoirs municipaux

Il est important de noter que ces déclarations sont intervenues dans le cadre d'un débat plus large sur les limites du pouvoir municipal. Jean Doridot avait ajouté : "Maintenant, [...] personne ne peut décider comme ça, le fait du prince, à l'époque des rois, je destitue tel maire", alors que la question de sanctions éventuelles contre Bally Bagayoko était évoquée sur le plateau.

Le psychologue a conclu ce segment en affirmant : "Notre système est tout à fait apte à porter aux responsabilités des personnes qui ne sont pas des amis de la République traditionnelle." Une formulation qui, selon ses détracteurs, ne suffit pas à atténuer le caractère problématique des comparaisons animales employées précédemment.

Un précédent inquiétant pour le régulateur

Ce nouvel incident place l'Arcom dans une position délicate, alors que l'institution a déjà été saisie à plusieurs reprises concernant des contenus diffusés sur CNews. La régularité de ces signalements pose la question de l'efficacité des mécanismes de régulation face à des chaînes d'information en continu dont la ligne éditoriale suscite régulièrement la controverse.

La spécificité de ce cas réside dans le fait que les propos visent directement un élu récemment investi, ce qui ajoute une dimension politique supplémentaire au contentieux. L'Arcom devra donc examiner non seulement la conformité des déclarations avec la loi, mais également leur impact potentiel sur le débat démocratique et le respect des institutions.

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Cette affaire intervient dans un contexte plus large de tensions récurrentes entre certaines chaînes d'information et la classe politique, avec des accusations répétées de dérive idéologique et de manquement aux obligations déontologiques qui incombent aux médias audiovisuels.