Une décision historique pour le cinéma français
La ministre de la Culture a annoncé ce samedi 16 mai, lors du Festival de Cannes, que les aides du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) seront désormais réservées aux œuvres créées par des humains. Cette décision, inédite à l'échelle mondiale, vise à protéger la création artistique face à l'essor de l'intelligence artificielle générative.
Un tournant dans le financement public
Intervenant sur la scène du Grand Théâtre Lumière, la ministre a déclaré : « Le cinéma est une aventure humaine. Les émotions, les regards, les imperfections font la richesse de nos films. L'IA peut être un outil, mais elle ne doit pas se substituer à l'artiste. » Dès lors, tout projet réalisé majoritairement par une intelligence artificielle ne pourra plus prétendre aux subventions du CNC. Cette mesure concerne aussi bien la production que le développement et la distribution.
Réactions contrastées dans la profession
Les syndicats de réalisateurs et de techniciens ont salué une « décision courageuse et nécessaire ». À l'inverse, certaines start-up spécialisées dans l'IA appliquée au cinéma ont exprimé leur inquiétude, estimant que la France risque de prendre du retard dans l'innovation. Le délégué général du CNC a précisé que des critères précis seront définis d'ici septembre pour évaluer la part humaine dans les œuvres.
Un débat qui dépasse les frontières
Cette annonce intervient alors que plusieurs pays européens réfléchissent à encadrer l'usage de l'IA dans les industries culturelles. La ministre a appelé à une coordination au niveau européen pour éviter un dumping créatif. « Nous voulons que l'Europe reste un continent de création, pas de génération automatique », a-t-elle insisté. Le Festival de Cannes a par ailleurs programmé une table ronde sur le sujet lundi prochain.
En attendant, les professionnels du secteur attendent de voir comment cette mesure sera mise en œuvre concrètement. Le CNC, qui distribue chaque année plus de 700 millions d'euros d'aides, devra adapter ses procédures d'instruction. Une mission d'évaluation sera confiée à l'inspection générale des affaires culturelles.



